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5 janv. 2020

Ma chère sœur.

Alf Kjetil Walgermo
Ma chère sœur
Bayard - 2018
192 pages
12€90




Eli Anne a 16 ans et vient de perdre sa sœur, Amalie, d'un an sa cadette. Folle de chagrin, elle se rend régulièrement sur sa page Facebook, qu'elle refuse de supprimer. Un jour, elle se met à lui écrire. En parcourant les statuts et les photos postées par Amalie, Eli Anne revient sur sa relation avec sa soeur. Leur enfance, leur complicité, leurs désaccords, leurs rêves d'adolescentes. Et surtout, leur passion commune pour la musique : Eli Anne joue du piano, Amalie, fan de Patti Smith, chantait dans un groupe.
Au fil des messages, Eli Anne ouvre son cœur et avoue à sa sœur ce qu'elle n'a jamais osé lui dire...



Un court roman épistolaire qui donne des frissons dès les premières pages. On ressent tout de suite ce que la perte de sa sœur représente pour Eli Anne et c'est très prenant. Je n'ai pas ressenti ça jusqu'à la fin mais ça reste un très bon roman jeunesse sur le deuil qui va droit au but.

Eli Anne a perdu sa sœur récemment et n'arrive pas à aller au-delà de son chagrin. Elle visite quotidiennement le mur Facebook d'Amalie, ne réussissant pas à supprimer son compte, à la supprimer elle. Alors, tous les jours, elle lui envoie un message sur le réseau social, se confiant à elle, en lui racontant des souvenirs d'enfance, en lui parlant de musique, de ses journées difficiles en son absence et aussi ce qu'elle n'a jamais osé lui avouer.

Il y a un message par page et les messages sont courts, ce qui rend la lecture très fluide et très rapide. C'est un peu un journal intime 2.0 où Eli Anne confie tout ce qu'elle a sur le cœur à sa sœur, mais dans les grandes lignes. L'auteure va droit au but, sans s'attarder trop longtemps sur le ressenti d'Eli Anne mais ça n'empêche pas pour autant de ressentir toute la peine qu'elle ressent et ce, dès la première page. J'en ai eu des frissons qui ne m'ont pas lâché pendant un moment. Là où j'ai commencé à être plus détachée, c'est quand Eli Anne raconte ce qu'elle n'a jamais osé lui dire. Je ne vais pas juger ça mais je m'attendais à quelque chose de plus intense à découvrir. Ce n'est pas forcément banal vu l'âge des protagonistes mais ça n'a pas eu beaucoup d'effet sur moi. Toutefois, la façon de gérer un deuil a été bien amené. Ce n'est pas très fouillé mais ça va droit au but, c'est accessible à beaucoup de jeunes, même ceux qui n'aiment pas la lecture, et c'est très prenant.


Je suis comme une coquille vide. Quelqu'un a ouvert mon corps et l'a vidé de ses organes. Je ne suis plus qu'un trou béant. Il ne me reste que mon cœur. Il bat sans joie, seul dans ce gouffre froid.

 
J'ai beaucoup aimé la complicité qu'il y a eu entre les deux sœurs. Une complicité que l'on ressent à travers chaque mot d'Eli Anne, chaque souvenir, chaque anecdote. On comprend pourquoi elle est autant rongé par la culpabilité, pourquoi elle a autant de mal à laisser partir sa sœur, déjà que c'est une épreuve très difficile en soit. Ses messages sont courts et brefs mais on sait quand même où elle en est dans sa tête, dans son deuil, car elle parle des choses importantes sur le moment, des choses qui lui tiennent à cœur et qui finissent par donner un sens à cette difficulté à tourner la page.

En bref, c'est un roman jeunesse très touchant sur le deuil et de l'une des façons dont il peut être vécu. Ce n'est pas décrit dans tous les détails et ce n'est que sur deux mois de vie mais les émotions sont, dans l'ensemble, très intenses.


















https://frogzine.weebly.com/challengeslitteraires/challenge-mystere-2019


1 déc. 2018

Le journal d'une âme rêveuse.

Camille Pujol
Le journal d'une âme rêveuse
Michel Lafon - 2018
224 pages
15€95



Alors que l'été touche à sa fin, Adélaïde et Noah passent ensemble leur dernière journée de vacances. Quand ils se séparent, celle-ci tend une lettre à son ami, en lui demandant de ne l'ouvrir qu'après minuit. Quand il la lit enfin, à l'heure convenue, Noah apprend le cœur serré qu'Adélaïde s'en va et qu'elle ne souhaite pas le revoir. Tout ce qui lui reste d'elle désormais, c'est cette clé de boîte postale qui accompagne sa lettre.
Dans cetet boîte, Noah trouve une enveloppe contenant le journal d'Adélaïde. Celle-ci y décrit ses rêves, ses espoirs, mais aussi le drame secret que cache ce départ précipité. Mais Noah n'a pas dit son dernier mot, et si Adélaïde pense que tout est perdu, le garçon est déterminé à lui montrer qu'ensemble ils peuvent réaliser un nouveau rêve. Même s'il s'agit peut-être du dernier.


J'avais déjà beaucoup aimé le premier roman de l'auteure, malgré un style que je trouvais jeunesse, j'espérais qu'elle continue à écrire. Son style a évolué. On reste dans le young adult mais l'écriture s'en ressent moins. En tout cas, c'est un nouveau roman que j'ai également apprécié !

Noah, Elias et Adélaïde sont très proches depuis l'enfance, inséparables. Après un été inoubliable, peu de temps avant la rentrée à l'université, Adélaïde disparait sans en expliquer la raison ni prévenir où elle va. Elle laisse seulement une lettre à Noah. Cette lettre l'envoie retrouver un cahier. Une espèce de journal intime où Adélaïde s'adresse tout particulièrement à Noah, lui confiant ses rêves et la réalisation de ceux-ci, ainsi que la raison de son départ.

Un roman assez court, qui va droit au but, tout en laissant les révélations pour la fin. En effet, il va droit au but dans le sens où on ne passe pas par quatre chemins pour arriver aux lettres, et donc aux confessions, d'Adélaïde. D'abord, on découvre ces trois meilleurs amis, le lien qu'il y a entre eux. Une petite introduction en fait. Mais, très vite, Adélaïde annonce à Noah qu'elle part et, de là, impossible de lâcher le roman tant on veut savoir, nous aussi, ce qu'il se passe ! Si le récit se veut tendre et "mignon" au départ, il se décline peu à peu, sans pour autant tomber dans le mélo-dramatique.
La fin est prévisible ; je ne l'ai pas devinée rapidement mais on se doute de ce qu'il se passe au fil des pages du journal d'Adélaïde. Malgré tout, ce n'est pas moins intéressant pour autant ! Au contraire, on se prend finalement à l'intrigue et on a envie de poursuivre la lecture pour voir son évolution. La seule chose que je regrette finalement c'est qu'il n'y ait pas de pages supplémentaires sur la fin. J'aurais aimé connaître un peu la suite concernant Elias et Noah principalement...

Les personnages sont très intéressants bien qu'ils ne soient pas trop développés. Après lecture, je me rends compte qu'on les connait peu mais, malgré tout, ça ne nous empêche pas de nous attacher à eux et de passer par les mêmes émotions qu'eux à la fin.
Noah est un personnage dont toutes les nanas pourraient rêver. Pas parce qu'il est beau, fort, tout ce que vous voulez... Non. Parce que c'est quelqu'un qui donne de sa personne, qui n'hésite pas à faire plaisir, à protéger, à aimer. C'est une belle personne. Il est très agréable à suivre.
J'ai beaucoup aimé Adélaïde qui est un personnage très fort et très courageux. Elle est très jeune mais bien posée dans sa tête, stable. Elle est exactement comme Noah.
En ce qui concerne Elias, je pense que c'est le personnage le moins développé. C'est celui qui a le moins d'importance aussi dans le trio, c'est peut-être pour ça. Il a moins d'importance dans le sens où il n'y a pas ce lien si spécial qu'ont Adélaïde et Noah. Il n'en reste pas moins intrigant.

Pour conclure, c'est un roman qui se lit très rapidement, grâce à l'écriture fluide de l'auteure mais aussi parce que l'intrigue est prenante. On a constamment envie de connaître les révélations tant attendues et la réaction des personnages face à ça. Le style a bien évolué depuis son premier roman et, même si tout n'est pas parfait, on prend plaisir à découvrir son second.


















23 août 2017

I know you








I know you
Julia Nole
Sortie en 2017
Harlequin HQN












Sera-t-il son ange gardien ou l’instrument de sa chute ?


Jamais elle ne s’était sentie aussi vivante. Depuis qu’Alexia a tout quitté pour commencer une nouvelle vie loin des fantômes de son passé, c’est comme si elle respirait à nouveau. Et sa rencontre avec Dorian n’est pas étrangère à ce sentiment d’euphorie. Cet homme est si… intense ! Lui seul sait comment la faire vibrer. Mais plus leur relation devient sérieuse et plus l’image parfaite de son amant s’écorne. Car Dorian est impulsif, surprotecteur et, surtout, il tient absolument à garder leur histoire secrète. Alors, Alexia commence à douter même si, en son for intérieur, elle sait déjà qu’il est trop tard : elle l’a dans la peau. 



Et bien voilà un livre qui m'a fait plaisir à lire. Une intrigue comme je les aime, qui m'a beaucoup plu et surtout qui a su retenir mon attention. J'ai eu un peu de mal à commencer ma lecture mais par la suite, je me suis en quelque sorte retrouvée happée par le récit, j'en suis venue à finir ce livre très vite tellement j'avais envie de savoir ce qui était arrivé à l'héroïne. 

Tout commence avec une jeune femme qui a un accident. À son réveil, elle est dans un hôpital psychiatrique, où un médecin va lui dire que tout ce qu'elle pense avoir vécu n'a jamais existé. Mais quand elle dort, elle revoit tout depuis le jour de son départ de chez sa tante jusqu'au jour de son accident, ce qui va ainsi l'aider à découvrir la vérité. 

Alexia est une jeune femme qui par le passé a souffert, mais maintenant cela fait que chacune de ses relations tourne au cauchemar, et elle le vit vraiment très mal. Alexia est journaliste elle aime vraiment beaucoup son travail. 

L'intrigue de ce livre est ce qui m'a le plus plu, j'ai vraiment adoré. Ce livre nous passe du présent au passé d'une façon qui m’a beaucoup plu. Je ne sais pas vraiment comment vous expliquer pourquoi l'intrigue a autant retenu mon attention à part que celle-ci tient presque jusqu'à la fin. 

L'auteur a vraiment écrit un super roman, une intrigue qui se tient, l'histoire est pareil et les personnages sont très bien aussi. Une écriture fluide et qui donne envie au lecteur d'aller toujours plus loin. Vraiment un très bon roman. Même la romance est bien faite, on ne s'ennuie pas et cela fait beaucoup de bien. 

En conclusion, un livre que j'ai beaucoup apprécié. J’espère qu'il saura plaire à d'autres comme à moi, alors sur ce, bonne lecture à tous.










12 janv. 2017

Orages.

Estelle Tharreau
Orages
Taurnada (Le tourbillon des mots) - 2016
268 pages
9€99


Si vous éleviez seule une fille de seize ans et que votre petit ami devenait trop encombrant, refuseriez-vous un travail et une belle maison dans un village de carte postale où tout le monde semble prêt à vous aider ? Il est probable que non. Pourtant, vous auriez tort !
Les nuits d'orage peuvent s'avérer mortelles pour qui ne sait pas lire entre les lignes du présent et celles d'un passé enfoui depuis plus d'un siècle dans un cahier d'écolier jauni et écorné.





Mon avis :

Quand j'ai commencé ce livre, je ne m'attendais pas à l'apprécier autant ! Malgré un début qui ne me convainquait pas plus que ça, je ne pouvais plus le lâcher et je n'arrêtais finalement pas d'y penser, voulant toujours trouver un moment pour reprendre ma lecture. C'est un thriller très surprenant car les premières pages ne nous font pas penser qu'on pourrait autant en devenir accro, du moins c'est l'impression que ça m'a donné et j'en suis très agréablement surprise !

Après une énième déception amoureuse, Béatrice décide de refaire sa vie au calme et emménage à Sauveur avec sa fille Célia, où elle vient tout juste d'avoir un poste d'expert-comptable ainsi qu'une maison gracieusement mise à sa disposition.
Sauveur est un petit village tranquille où tout le monde se connaît et se sert les coudes. Du moins, c'est ce qu'il parait aux premiers abords. Mais très vite, Béatrice va se rendre compte que tout le monde n'est pas si accueillant et que les habitants racontent seulement ce qu'ils ont bien envie de raconter... En effet, Béatrice apprend que l'ancienne expert-comptable de Sauveur est morte d'un accident de cheval le lendemain du suicide de sa fille. Plus Béatrice creuse, plus elle se rend compte qu'on lui met sur cette histoire tragique. Quant à Célia, elle tombe par hasard sur un journal intime, écrit par Marthe, une ancienne habitante de Sauveur. Ce journal cache d'étranges liens avec le présent et Célia est bien déterminée à découvrir lesquels...

La narration est alternée entre le point de vue de Béatrice, à la première personne, et celui de sa file Célia, à la troisième personne. J'ai apprécié ce changement de point de vue et de pronoms ; comme elles mènent leur enquête chacune de leur côté, on peut suivre l'avancée de l'intrigue très simplement et de façon complémentaire, en sachant tout de suite de qui il s'agit.
Du point de vue de Béatrice, on découvre tout ce qu'elle sait par l'intermédiaire des habitants de Sauveur, qu'elle questionne à la suite de ses découvertes et de ses altercations avec certains d'entre eux. J'ai bien plus apprécié les points de vue de Célia car celle-ci découvre tous les secrets du village par l'intermédiaire d'un journal intime écrit par Marthe, des années et des années auparavant. Cette dernière décide justement d'écrire un journal car elle ne peut plus garder tout ce qu'elle sait pour elle-même... Célia est de plus en plus persuadée qu'il y a un lien entre ce journal et les derniers événements tragiques qu'il y a eu à Sauveur. Ainsi, de temps à autres, on découvre ce journal nous aussi, les secrets qu'il renferme et c'est ce qui m'a le plus tenu en haleine.
L'auteure a su gérer habilement les moments du passé et ceux du présent, de façon à ce qu'on en sache jamais trop à l'avance, rendant la fin de plus en plus surprenante. D'autant plus qu'on est loin d'être au bout de nos surprises, même quand on sait en grande partie ce qu'il se passe de si étrange dans ce village ! Si le début parait donc assez anodin, assez soft, plus on avance et plus on est captivé par la noirceur que contient le village tout entier. L'atmosphère est de plus en plus oppressante et on se demande sans cesse quel est ce secret que tous les habitants s'escriment à garder... 

Les personnages sont très intéressants à découvrir et à suivre, surtout en ce qui concerne les Salvarins... Je ne me suis pas particulièrement attachée à Béatrice ou à Célia, je les ai trouvées bien moins développées que les personnages secondaires mais il y en a qui sortent beaucoup du lot parmi ceux-ci et, au final, c'est ce qu'il y a plus important par rapport à l'intrigue. Ce sont les personnages secondaires les plus importants et ça ne m'a donc pas dérangée qu'il y ait un déséquilibre entre eux et Béatrice et Célia.
Les personnages secondaires sont donc la clé de l'intrigue et j'ai adoré découvrir le lien qu'il y avait entre eux et l'histoire du journal intime ; j'ai adoré la façon dont l'auteure a mis tout ça en place, c'est captivant !

Je ne m'attendais pas à avoir un tel coup de cœur pour ce thriller ! Il cache bien son jeu dans les premières pages, paraissant calme et soft ; il est tout le contraire. Plus on avance et plus le suspense et l'intérêt pour l'intrigue sont présents. Une vraie pépite à découvrir d'urgence !















21 déc. 2016

Jeunesse éternelle.

Nathalie Le Gendre
Jeunesse éternelle
Bayard - 2016
237 pages
14€90


Léna, 16 ans, est atteinte d’une forme d’amnésie. Elle passe quelques journées dans un centre spécialisé, le Centre des Aigles Bleus.
Tous les dimanches, Étaine vient lui rendre visite chez Mary. On ignore quelle relation lie Léna à Étaine, mais il y a une grande tendresse entre les deux femmes.
Un jour, Étaine annonce à Léna qu’elles ne se verront plus pendant une longue période. En partant, elle remet à la jeune fille un manuscrit de sa sœur, qui était elle aussi atteinte d’amnésie.
Dès lors, Léna se plonge dans la lecture de la vie de Shanel.

À quarante ans, Shanel, cette femme énergique est en pleine remise en question : son mariage a été un échec, les romans dont elle est l’auteure n’ont pas rencontré le succès...
Un jour, elle décide de participer à un programme scientifique top secret, « Jeunesse Éternelle » dont l’objectif est d’éradiquer la dégénérescence des cellules.
Il s’agit d’une expérience très lucrative qui pourrait aider Shanel à s’en sortir. Mais au fur et à mesure que son corps rajeunit, Shanel se perd…
Est-ce la contrepartie de la jeunesse éternelle ?


Mon avis :

Je m'attendais à quelque chose de plus original, peut-être même de plus fort en ce qui concerne les émotions mais, malgré tout, c'était une lecture très agréable qui nous fait nous poser certaines questions... Jusqu'où est-on prêt à aller pour ne pas vieillir ? Qu'est-on prêt à perdre ?

Léna est une jeune fille de 16 ans atteinte d'amnésie. Elle note tout dans un carnet mais ça ne l'aide pas toujours... Son médecin ne sait pas vraiment ce qu'elle a, à quoi cette maladie est dû et la garde sous surveillance.
Un jour, Etaine, une jeune femme proche de Léna, apporte à celle-ci un manuscrit dans lequel Shanel, la sœur d'Etaine, a consigné tout ce qu'elle vivait, elle aussi étant atteinte de cette forme d'amnésie...
Le récit du manuscrit est de plus en plus troublant et Léna fait des découvertes qu'elle ne souhaite pour rien au monde oublier...

L'histoire n'a rien d'original mais la façon dont elle est racontée est très prenante et nous pousse sans cesse à vouloir en lire davantage. On comprend beaucoup de choses au fur et à mesure que Léna avance dans la lecture du manuscrit mais également en découvrant ce qu'elle vit au quotidien. C'est difficile de parler de ce livre sans spoiler, il y aurait tellement à dire ! J'aime beaucoup le sujet, il nous fait nous poser toutes sortes de question sur la vie, sur les moments précieux ou douloureux que l'on vit chaque jour, sur ce que l'on est prêt à faire pour rester jeune, sans pour autant que le texte pousse trop loin la réflexion. C'est un livre jeunesse et je pense surtout que c'est mon cerveau d'adulte qui cogite beaucoup après la lecture de ce livre. Malgré tout, il laisse une trace et il est très plaisant de découvrir la façon dont l'auteure a choisi de mettre en forme son histoire.
L'intrigue est assez prévisible, on comprend tout ou presque avant Léna (quoique c'est assez logique puisqu'elle souffre d'amnésie et a de plus en plus de mal à tout se rappeler, contrairement à nous, lecteurs...) mais ça ne gâche en rien le plaisir de la lecture : on veut connaître le fin mot de l'histoire !

Découvrir un personnage principal de 40 ans (Shanel) dans un livre jeunesse m'a fait bizarre mais, pourtant, je n'ai jamais vraiment eu l'impression qu'elle avait cet âge-là... Certaines situations le rappellent mais, sans celles-ci, on croirait suivre un personnage bien plus jeune et c'est là tout le talent de l'auteure. Toutefois, je ne peux pas dire pourquoi sans spoiler, il faudra lire le roman pour comprendre ce que je veux dire exactement...
Léna est un personnage très touchant. Son amnésie la rend instable mais de ce fait, on a envie de la protéger nous aussi, on espère sans cesse qu'elle s'en sorte...

Une belle histoire qui fait réfléchir sans que l'on sans rende vraiment compte, qui nous fait nous remettre en question sur ce que l'on souhaite vraiment. Plus précisément sur le fait de vieillir (ou pas). Quand notre société propose crèmes diverses et chirurgies variées, une entreprise de ce roman a découvert LA solution à tout ça, mais est-ce vraiment la bonne ? À quel prix peut-on avoir envie de rester jeune ? Est-ce que ça vaut vraiment le coup ? L'auteure nous démontre toutes sortes de théories dans une histoire simple mais efficace. Rien d'original mais une belle découverte très plaisante.















24 oct. 2016

L'échappée.

Allan Stratton
L'échappée
Milan - 2016
254 pages
13€90


"Comment peut-on ne pas vouloir sortir avec Jason ? il est ultra cool. [...] Jason, pour moi, c'est un rêve qui se réalise."

Hélas pour Leslie, son rêve va vite tourner au cauchemar...
Jason, le nouveau qui attire tous les regards, n'est pas le garçon bien qu'il paraît être. Lentement, il tisse sa toile autour d'elle.
Pour qu'elle ne puisse plus s'échapper. Pour qu'elle lui appartienne. Corps et âme.


Mon avis :

Je ne pourrais pas vraiment dire ce que je ressens pour cette lecture. Je dirais bien que je suis mitigée mais je ne le ressens pas vraiment comme ça. Certaines choses m'ont autant beaucoup plu que d'autres m'ont profondément déçue. Mais c'est un livre à découvrir malgré tout, pour son thème, autant par les adultes que par les adolescents.

Jason est nouveau au lycée. Il a 18 ans et toutes les filles sont déjà folles de lui. Ainsi, lorsqu'il embrasse Leslie sans qu'elle ne s'y attende, elle tombe raide dingue amoureuse de lui. Il est beau, mystérieux, bourré de bonnes intentions... mais que se cache-t-il vraiment derrière ces apparences ?

Ce que je retiens surtout de ce roman, c'est le thème abordé. Il s'agit ni plus ni moins de violences conjugales, version ados. Je ne rentrerai pas dans les détails, pour ne pas spoiler. Jason s'y prend de différentes façons, au point qu'on peine à le remarquer, tout comme Leslie. Ce que j'ai beaucoup apprécié c'est que, justement, tout parait naturel, tout parait normal alors qu'en fait, tout est déplacé dans cette relation.
On apprend l'histoire de Leslie par le biais d'un journal intime qu'elle doit écrire pour les cours. Quinze minutes y sont consacrées à chaque début de ce cours, ce qui donne des chapitres courts et la tension est tellement grandissante au fil des pages, que l'on a du mal à lâcher ce livre, ressentant le besoin d'en connaître la fin rapidement.
Là où j'ai eu du mal, c'est l'impression que les choses ne sont pas du tout fouillées en profondeur. C'est bien que l'auteur ne rentre pas systématiquement dans les détails, ça permet des moments de doutes, de se retrouver plus facilement dans la tête de Leslie pour comprendre ce qu'elle ressent vraiment vis à vis des événements mais ça donne une impression bâclée également, ce qui est dommage. La fin se déroule bien trop précipitamment. De plus, je n'en suis pas totalement convaincue, je ne suis pas sûre que beaucoup de filles dans sa situation prendraient les mêmes décisions qu'elle, aussi courageuses soient-elles... 
Je trouve cette contrepartie dommage car le thème est franchement une bonne idée, faisant réfléchir autant une personne directement concernée qu'une personne "spectatrice" mais le manque de crédibilité de la fin et son cheminement précipité remet en cause ce que j'en pense vraiment.

Leslie est le genre de personnage que tout le monde n'appréciera pas. C'est une rebelle qui ne pense qu'à envoyer balader sa mère et un peu tout le monde finalement. Si quelqu'un se trompe de jugement sur elle, elle ira provoquer dans ce sens plutôt que d'essayer de se défendre ou de se justifier. Malgré tout, ça ne m'a pas du tout ennuyée ni choquée. C'est une ado qui se cherche beaucoup depuis la séparation de ses parents et je trouve son comportement "adapté" à ce qu'elle vit. Du moins, elle montre son mal-être comme beaucoup d'ados le font, j'ai donc trouvé ça particulièrement crédible.
J'ai aimé la façon dont l'auteur mettait des mots sur ce qu'elle vit avec Jason. Leslie ne se rend pas compte que tout n'est pas normal et ce n'est même pas elle qui met des mots dessus mais le peu de personnes qui essaient de l'aider.

Pour résumer, l'auteur a eu une excellente idée en écrivant sur ce thème et la façon dont il l'a abordé est finement exploitée. Toutefois, certains événements vont trop vite ou manquent de crédibilité, ce qui entache un peu le sérieux du sujet. C'est difficile de trancher finalement puisque tout est y est, le thème reste bien abordé par différents moyens, venant autant des personnages que des situations, mais il y a cette précipitation que l'on ressent assez fréquemment.
Toutefois, je ne démords pas que ça reste un livre à lire, à n'importe quel âge, ne serait-ce que pour son thème.




















8 mai 2016

First love.

James Patterson - Emily Raymond
First love
Hachette - 2016
288 pages
15€90


Moi, c'est Axi.
J'ai seize ans. J'ai toujours été une bonne élève, surtout pas du genre à m'attirer des nnuis... Jusqu'à aujourd'hui. Il est exactement 4h30 du matin, je viens de me réveiller et de tirer mon sac à dos de sous mon lit. Je pars.

Lui, c'est Robinson.
Un jour, je l'ai traité de voyou, histoire de rigoler : il n'a jamais oublié. Il a presque dix-sept ans. C'est mon meilleur ami, mon complice de tous les bons... et moins bons... moments.

Alors forcément, quand je lui propose de fuguer pour partir en Road-trip à travers les États-Unis, il n'hésite pas longtemps. De toutes façons, j'ai tout minutieusement préparé.
Ou presque...
Car comment aurais-je pu prévoir ce qui nous attendait vraiment ?



Mon avis :

Ce roman est une belle surprise pour ma part ! Je cherchais simplement une romance sur fond de road-trip, rien de plus, et je pensais que ce roman n'allait offrir que ça mais en fait non. Il offre bien plus et c'est encore plus agréable !

Axi décide du jour au lendemain de faire un road-trip à travers les États-Unis. Elle a tout de même tout préparer à l'avance : les trajets, les moyens de locomotion, l'argent... Elle propose à Robinson, son meilleur ami, de partir avec elle. Aimant l'aventure, ce dernier n'hésite pas longtemps et chamboule tous les plans d'Axi, du début à la fin, car finalement, tout ne pouvait pas se prévoir...

Il est facile de se spoiler sur le fond de ce roman sur la blogosphère. Malgré tout, je ne dirai rien, pour ne pas gâcher la surprise à ceux qui ne savent pas encore de quoi il parle réellement. Tout ce que je peux dire, c'est que l'on ne s'y attend pas du tout. Je m'y suis imaginée plusieurs choses, parce que Axi fait des sous-entendus de temps à autres, mais j'étais loin du compte. C'est totalement surprenant et ça change complètement la fugue anodine des deux protagonistes...
À travers un journal intime, Axi nous raconte donc ce road-trip avec son meilleur ami. Elle nous dévoile leurs mauvais coups mais aussi leurs bons moments ; sa peur de se jeter à l'eau quant aux sentiments qu'elle ressent pour Robinson, les joies que les interdits lui procurent, les petites attentions que Robinson lui apportent, leurs querelles... Elle relate tout et on se prend facilement au jeu. Ses sous-entendus attisent notre curiosité même lorsque l'on ne voit pas de quoi elle parle : on veut savoir. 
On ressort de ce roman changé, tout comme Axi. On relativise, il donne envie de vivre réellement, de profiter de tout pleinement, comme si chaque jour était le dernier (on ne se le dira jamais assez...).
De plus, la présentation est vraiment originale. Tout au long, nous avons des photos de leur road-trip mais aussi de ces deux personnages dans différentes situations. Un journal intime comme on aime les découvrir : intime et donc personnalisé.

Axi est un personnage que l'on connait peut au départ. Tout ce que l'on sait, c'est que sa mère est partie du jour au lendemain et que son père passe son temps à boire. C'est ce que l'on sait au départ, mais d'autres informations viennent se greffer plus tard. Des infos pas forcément joyeuses qui la rendent un peu plus touchante à chaque fois.
C'est pareil pour Robinson, c'est un secret à lui tout seul et on découvre pas mal de choses sur lui en même temps que Axi. Tout ce que l'on sait au départ, et tout ce que je peux vous dévoiler du coup, c'est qu'ils ont un lien très fort, comme s'ils se connaissaient depuis toujours. Ils ont leur propre façon de communiquer entre eux, ils se connaissent parfaitement (si on oublie les infos que Robinson cache sur lui et que Axi finit par découvrir plus tard) et cette belle relation est toujours mise en évident. Ils sont beaux, leur histoire est belle, tout simplement.

Une romance jeunesse qui est bien plus sérieuse qu'il n'y parait. Ce n'est pas tant le thème qui est abordé de façon sérieuse, bien que ce soit grave, mais il est surtout question de liberté, d'acceptation, de courage, d'amour et de résignation. Dans le fond, il y a une belle leçon de vie, même si je n'ai pas toujours approuvé les choix de Robinson dans un premier temps. C'est ce qui est bien avec ce roman, c'est qu'on se remet aussi en question, on revoit les priorités et on comprend certaines choses. Il fait réfléchir...

















26 avr. 2016

Très vite ou jamais.

Rita Falk
Très vite ou jamais
Magnard (M) - 2016
240 pages
13€90


Jan et Nils ont vingt et un ans et sont amis depuis toujours. Ils sont entourés, heureux, et l'avenir leur sourit. Jusqu'à ce jour de février, où Nils rate un virage à moto et sombre dans un coma profond. Son pronostic vital est engagé.

Chaque jour, pendant un an, Jan rend visite à son ami, guettant le moindre signe d’amélioration. Entre ses visites, il lui écrit des lettres dans lesquelles il lui confie ses espoirs, ses angoisses, tout ce qu'il vit sans lui. Ces lettres, il a l’intention de les remettre à Nils lorsque celui-ci sortira de l’hôpital, afin qu’il lui reste une trace de tout de temps qu'il aura passé à dormir. Mais l’état de Nils ne s’améliore pas. Pour ses parents, ses amis, son amoureuse, le voir végéter devient de plus en plus insupportable. Peu à peu, tous espacent leurs visites, obligés de prendre leurs distances pour continuer à vivre. Seul Jan continue à y croire.


Mon avis :

Je ne savais pas trop à quoi m'attendre avec ce roman mais le résumé m'avait bien accroché. J'avais besoin d'une lecture riche en émotions et je ne suis pas déçue de ce côté-là !

Depuis que Nils est dans le coma à cause d'un accident de moto, Jan écrit des lettres à son meilleur ami, dès qu'il a un moment, afin que Nils ne rate rien de tout ce qu'il s'est passé pendant son "absence". Il lui décrit son temps passé au "Nid de coucou" où il travaille, les nouvelles des autres copains de la bande. Au fil du temps, Jan est le seul qui garde véritablement espoir sur le rétablissement de Nils...

Un récit assez inégal dans le sens où ce n'est pas toujours émouvant, au début j'en suis même venue à me demander ce que j'allais finir par trouver de "bon" dans cette histoire. J'ai trouvé ça un peu long. Je comprenais bien que, pour que Jan décrive à Nils ce qu'il rate, il devait raconter sa vie. Mais je ne voyais pas bien l'intérêt de tout ça. Et puis, finalement, ces petites longueurs ont eu du bon. On s'attache plus ou moins à Jan, à ce qu'il vit, à ce qu'il ressent, et les cinquante dernières pages, voire les cent, sont déjà bien plus intenses à mesure que l'atmosphère se fait lourde...
J'ai trouvé des passages longs, certes, mais je ne peux pas nier que j'ai adoré connaître certaines choses de la vie de Jan, comme son travail au "Nid de coucou", un hôpital psychiatrique, qu'il prend tellement à cœur.
À travers tous ces petits moments de vie rapporter sur papier, quand Jan trouve du temps pour se confier, on découvre et ressent tout l'espoir que porte Jan pour que Nils sorte rapidement du coma, avant qu'il ne soit trop tard. On constate également tout l'amour des proches mais aussi l'impacte qu'a eu l'accident sur la vie de chacun car tout le monde, à part Jan, perd de plus en plus espoir, souffre de voir leur ami/amoureux/fils souffrir et chacun fait ce qu'il peut pour continuer à vivre. Mais cet accident n'est pas sans conséquence... Alors que les résidents du "Nid de coucou" retrouve goût à la vie grâce à Jan et ses méthodes uniques, l'entourage de Nils perd pied petit à petit. J'ai trouvé ça difficile que Jan relate tout ça à son meilleur ami. Ce n'est pas le genre de nouvelles que j'aimerais apprendre dès mon réveil d'un coma. Néanmoins, il couche tout avec franchise, avec sincérité, tant les sentiments que les actions, et il n'y a pas que du malheur finalement. Tout dépend du point de vue.

Je ne sais pas trop quoi penser de Jan. Il peut être quelqu'un de très appréciable, de très altruiste, etc. On le remarque vite lorsqu'il décrit ce qu'il fait au "Nid de coucous". Mais j'ai trouvé qu'il jugeait très rapidement des gens sans même les connaître, juste à leur apparence physique, en leur donnant en plus des petits noms pour en parler à Nils. J'ai eu l'impression qu'il se basait déjà sur le physique pour juger quelqu'un avant même de connaître réellement la personne. Toutefois, il démontre une très belle preuve d'amitié, surtout envers Nils mais également envers leur bande ou même envers des personnes qu'il parvient à connaître à force de les côtoyer.

Le récit est pas mal rempli d'humour au départ. On sen que Jan y croit à fond et qu'il fait tout pour rester positif. Ça commence sur une note de légèreté et ça se dégrade à mesure que le temps s'écoule, Nils ne faisant pas beaucoup de progrès vers le mieux. On sent l'atmosphère plus lourde au fur et à mesure, pas pesante mais on sent bien qu'il se passe quelque chose de sérieux au fil des mois. Tout ça pour terminer sur une note de forte émotion, parce qu'on s'est attaché de différentes manières aux personnages et que l'espoir de Jan est contagieux...





Bande annonce de présentation du roman :















7 avr. 2016

Everything, everything.

Nicola Yoon
Everything, everything
Bayard - 2016
362 pages
16€90

Ma maladie est aussi rare que célèbre, mais vous la connaissez sans doute sous le nom de maladie de l'enfant-bulle". En gros, je suis allergique au monde. Je viens d'avoir dix-huit ans, et je n'ai jamais mis un pied dehors.
Un jour, un camion de déménagement arrive. Je regarde par la fenêtre et je le vois. Le fils des nouveaux voisins est grand, mince et habillé tout en noir. Il remarque que je l'observe, et nos yeux se croisent pour la première fois.
Dans la vie, on ne peut pas tout prévoir, mais on peut prévoir certaines choses. Par exemple, je vais certainement tomber amoureuse de lui. Et ce sera certainement un désastre.





Mon avis :

En commençant ce roman, je ne m'attendais pas du tout à ça ! J'espérais bien que la maladie ne soit pas trop pesante, que l'auteure nous offre plus une belle leçon de vie plutôt qu'un récit larmoyant mais j'étais lui d'imaginer qu'elle nous réservait tant de surprises pour ce premier roman ! Une pépite !

Madeline a une maladie très rare. Une forme de Déficit Immunitaire Combiné Sévère, appelée souvent "la maladie de l'enfant-bulle". C'est simple, elle ne peut pas sortir de chez elle sans risquer d'en mourir car son système immunitaire est trop fragile. Tout, chez elle, est contrôlé et purifié : l'air qu'elle respire, les vêtements qu'elle porte, les objets qu'elle touche, les rares personnes qu'elle côtoie. Ceci afin d'éviter tout microbe. Sa vie est donc limitée à la lecture, à son blog littéraire et internet en général, à ses devoirs, aux soirées mère/fille et ses contrôles médicaux faits par sa mère et son infirmière, Carla.
Mais sa vie prend un autre tournant le jour où de nouveaux voisins emménagent. Dès que son regard a croisé celui du fils, elle a su que sa vie allait changer, bien qu'elle ait essayé de se voiler la face...

Ce dont je suis certaine, c'est que vouloir quelque chose me fait vouloir davantage. Le désir est sans fin.

Durant la moitié du roman, à peu près, je lisais sans m'attendre à grand chose. Du moins, je voyais une fin prévisible : Madeline tombe amoureuse, fait des bêtises en conséquences et en paye le prix. Eh bien, j'étais loin du compte... 
L'histoire se présente sous forme de journal intime avec Madeline à la narration et différentes touches personnelles associées à ce qu'elle vit grâce à des illustrations : des mails, des graphiques de toutes sortes, des tableaux. Grâce à ceci et aux chapitres courts, la lecture est très fluide et on tourne les pages avec rapidité même lorsqu'il ne se passe pas grand chose. Et puis, vient les passages un peu plus difficiles, un peu plus risqués, où l'on a envie de poursuivre encore et encore notre lecture... pour ne finalement plus lâcher le livre. Par que la deuxième moitié tient bien plus en haleine. La première est captivante, intéressante, intrigante. Mais la seconde est saisissante ! Les choses se bousculent, les rebondissements pleuvent et les révélations n'en finissent pas, nous faisant passer par tout un tas d'émotions.
Tout au long de ma lecture, je me suis surprise à vivre, à ressentir les émotions de Madeline. Au début, je ne m'en rendais pas compte, mais plus j'avançais dans ma lecture et plus mon cœur faisait des bonds, ou se serrait, ou laissait la place à l'euphorie. Pas une seule fois Madeline ne se plaint de son état, de sa façon de vivre, de sa maladie, des conséquences. Mais il se passe tellement de choses, que l'on passe par tout un panel d'émotions, une vraie montagne russe ! Colère, espoir, chagrin, délivrance, soulagement, haine... On y retrouve de tout et on s'y sent bien !

Madeline a vécu toute sa vie enfermée dans sa maison. Du moins, elle n'a aucun souvenir d'avoir vécu à l'extérieur puisque sa maladie a été diagnostiquée lorsqu'elle avait 4 mois. Elle découvre beaucoup de choses grâce à Olly, son nouveau voisin. Surtout, elle se découvre elle-même. 
La romance entre Madeline et Olly est forcément prévisible mais tellement belle... Ce jeune garçon n'a que 17 ans et voue à Maddie un amour si fort qu'on le sent prêt à résister à toutes épreuves. Tout n'est jamais gagné mais cet amour donne beaucoup d'espoir et est la dose de douceur et de fraîcheur dont Maddie a besoin.

J'étais heureuse avant de le rencontrer. Mais à présent je suis vivante, ce qui est totalement différent.

Un roman que je ne peux que conseiller tellement les émotions sont fortes ! La fin n'est pas prévisible du tout, je pense notamment à un gros rebondissement qui change toute la donne. En plus de la belle leçon de vie que nous offre l'auteure, et des petites remises en questions suite à des réflexions pertinentes, on y trouve une magnifique romance et plusieurs éléments imprévisibles en guise de fin. Un beau coup de cœur pour ce roman !
 













5 janv. 2016

Fake ! Fake ! Fake !

Zoë Beck
Fake ! Fake ! Fake !
Milan (Macadam) - 2016
256 pages
12€50


Un prénom pourri, des chaussures taille 49 : Edvard, 14 ans, pas un poil sur le torse, est mal parti pour séduire Constance. Alors, sur Facebook, il devient Jason, Américain en voyage scolaire. La belle croque à l’hameçon et en demande toujours plus. De mensonge en mensonge, la machine s’emballe…


Mon avis :

Je suis un peu mitigée pour ce roman. J'ai aimé la tournure assez inattendue qu'a fini par prendre l'histoire mais d'un autre côté, je ne m'attendais pas vraiment à ça. Je pensais que l'histoire entière serait basée sur les mensonges et sur le comportement du personnage principal face à ceux-ci mais l'intrigue ne se place pas principalement sur cette voie...

Le récit est présenté sous forme de journal intime où Edvard, jeune collégien de 14 ans, relate la fin de ses grandes vacances scolaires et le début de sa rentrée. Ses principaux problèmes sont de ne pas plaire à Constance alors qu'il en est raide amoureux et d'être le souffre-douleur de Henk, un garçon de sa classe très populaire qui passe son temps à le ridiculiser. 
Étant complétement transparent aux yeux de Constance, Edvard décide de se créer un faux profil Facebook sous l'identité de Jason, jeune étudiant américain en voyage scolaire en Allemagne, pour pouvoir suivre la vie de la jeune fille sur les réseaux sociaux et aussi lui parler fréquemment. Dépassé par ses mensonges, il règle le problème avec un autre mensonge qui ne le sort finalement pas de cet engrenage mais qui lui sera finalement plutôt utile dans un autre contexte...

L'intrigue ne repose donc principalement pas sur les mensonges d'Edvard mais ces derniers lui seront bien utiles malgré tout au dénouement... Je ne peux pas parler de l'intrigue sans trop en dire puisque rien n'est dévoilé sur la quatrième de couverture à ce sujet, mais j'ai juste trouvé dommage que cette dernière nous mette sur une fausse piste justement. L'histoire est très intéressante et prenante cependant, c'est un vrai plaisir de découvrir comment Edvard résoudra le problème d'un ami qui, à force d'attachement, est devenu le sien...
En fait, ce qui me dérange dans cette histoire, c'est que tous ses mensonges sur les réseaux sociaux, son faux profil et toute la vie qu'il a brodée autour, ne sont pas du tout remis en question. Ça sert à l'intrigue et plutôt pour une très bonne action certes, mais ce n'est pas forcément très anodin ce qu'il fait, ça va même très loin et, en lisant ce roman, j'ai plutôt perçu cela comme quelque chose de normal, d'ordinaire dans la vie d'un ado... Pas une seule fois ça ne remet vraiment le personnage principal en question. Ce qu'il fait n'est pas dans le but de nuire et on le voit bien mais rien que le principe même de toute sa stratégie pour se rapprocher d'une fille n'est pas forcément quelque chose à prendre en exemple. Enfin, ce n'est qu'un avis personnel, mais j'ai assez mal perçu cette partie de l'histoire, du fait que ça n'a pas servi à remettre des personnages en question ou à leur faire comprendre véritablement quelque chose...

J'ai adoré suivre l'évolution d'Edvard, même si je ne l'ai pas trouvé assez aboutie. En fait, c'est toujours le même problème, c'est surtout parce qu'il ne se remet pas beaucoup en question. Néanmoins, il évolue beaucoup en peu de temps et ça le rend agréable à suivre. On découvre un ado mal dans sa peau parce que la puberté n'a pas encore fini son travail et qu'il est, par conséquent, sujet aux railleries de ses camarades de classe. Il en vient à complexer sur des détails qui devraient être sans importance mais qui prennent une grande place lorsque l'on est ado. Il se sent d'abord rabaissé et humilié. Mais plus on avance dans l'histoire, plus il prend du plombs dans la tête sans même s'en rendre compte. Parce qu'il défend une cause qui lui tient à cœur et parce que son faux profil lui ouvre un peu les yeux sur lui-même, il prend petit à petit du recule et se rend compte qu'il est aussi bien que n'importe qui.
D'autres personnages vont l'aider, chacun à leur manière, dans son acceptation de soi, même les plus négatifs vont le faire évoluer.

Le fait que ce soit sous forme de journal intime rend la lecture très fluide et très rapide. Et le fait que ce soit un jeune garçon qui l'écrit nous permet aisément de comprendre ce qu'il se passe dans sa tête, de s'identifier à lui et de s'y retrouver facilement. Certaines réactions d'Edvard le rendent très touchant et nous donnent des situations drôles aussi.

J'ai passé un bon moment de lecture avec ce roman, grâce notamment à l'intrigue qui a tout de même une certaine profondeur et au personnage principal qui devient de plus en plus touchant durant son évolution vers la maturité. Je pense simplement que ce qui est annoncé dans la quatrième de couverture aurait pu être un peu plus développé, car c'est surtout de cet aspect de l'histoire que j'en attendais le plus.