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4 déc. 2017

La fille à la peau pâle et frêle.

Jennifer Del Pino
La fille à la peau pâle et frêle
IS Edition (Sueurs glaciales) - 2017
160 pages
13€90



Je suis jeune et belle, mais unique. Une bonne citoyenne qui se fond dans la foule, mais n'obéit qu'à ses propres règles, avançant masquée. Je ne ressens aucune des émotions qui habitent généralement les humains : pas de sentiment, pas de compassion, pas de générosité, pas d'amour ni d'affection pour mes parents, ni pour personne d'ailleurs.
Ma première victime ? Le chat de ma mère. J'avais huit ans...
Mon caractère colérique et mes crises de paranoïa m'ont conduite très jeune chez le psychiatre. Je l'ai vaincu par mon silence. Je perçois les gens comme des êtres maléfiques. Ma mère, psychorigide, ne m'a jamais manifesté son affection. Mon père était indifférent. Déçus par leur fille, qu'ils sentaient différente, ils me frappaient et me punissaient durement.
Je ne veux pas vous effrayer, juste vous faire comprendre. Servez-vous de ces mots pour vous évader, pour vivre ce que vous n'oserez jamais faire, pour vous projeter dans un monde que vous ne connaissez pas.
Le temps d'un livre, continuez l'expérience... Mon expérience.



Un thriller/horreur assez original, dans le sens où on ne s'attend pas du tout à cette narration... C'est assez déstabilisant mais la fin explique beaucoup les choses et c'est finalement plutôt une bonne initiative. Dans tous les cas, c'est prenant et intrigant !

Plus je lis des romans de cette édition, plus j'ai l'impression qu'ils aiment les histoires atypiques. Mais ça fonctionne bien !
Une fois de plus, le contenu de ce roman est original. Pas forcément l'histoire en elle-même mais surtout la façon dont elle est abordée. En effet, la narratrice, cette petite fille à la peau pâle et frêle devenue adulte, nous parle directement. Elle nous raconte toutes les choses horribles qu'elle a faites, depuis son enfance jusqu'à aujourd'hui et aussi pourquoi elle en est arrivée là. C'est troublant parce qu'on ne voit pas du tout où l'auteure veut nous mener mais d'un autre côté, c'est complètement addictif. On veut constamment savoir ce qui l'a poussée à être si malintentionnée. D'autant plus qu'elle ne ressent pas grand chose et ce, depuis son enfance déjà. Elle a des envies de violence comme on a des pulsions sexuelles... C'est spontané et totalement normal pour elle. Enfin, elle se rend bien compte que quelque chose cloche un peu mais vraiment rapidement, elle ne s'arrête pas vraiment dessus, voulant vivre sa vie à fond ! Et disons qu'elle l'a vit vraiment à fond, à sa façon...
Les horreurs décrites ne sont pas pour autant gratuites. Je veux dire par là qu'il n'y en a pas à toutes les sauces et à toutes les pages. Il y a des passages assez gores mais on ne tombe pas dans la surenchère.

C'est un personnage vraiment atypique que nous décrit l'auteure, très bien développée et qui pousse sans cesse à la curiosité. La fin nous donne quelques révélations qui font franchement plaisir à lire. Et tout cela se lit sans aucune difficulté, on est vite happé par le récit et les chapitres courts nous donnent toujours envie d'en entamer un autre.
Nous avons donc les pensées directes d'une psychopathe qui ne cherche pas le moins du monde à changer et nous ne sommes pas dans la potentielle guérison de cette pathologie. Malgré tout, ça a son petit effet puisque chaque chapitre nous intrigue. La narratrice, qui est donc cette psychopathe, a une façon de s'adresser à nous qui nous donne envie d'arriver à la fin, de découvrir ce qui a fait d'elle cette personne attirée par le mal. Et la fin est loin d'être décevante à ce sujet !

Un thriller/horreur assez particulier, atypique disons-le, qui ne manquera pas d'étonner et d'intriguer. À découvrir si on veut un peu d'originalité dans le genre !






SimPlement.pro











22 nov. 2017

Tu vas mourir.

Daniel Panizzoli
Tu vas mourir : Récits de l'assassin
IS Edition (Sueurs glaciales) - 2017
116 pages
13€



Lorsque vous lisez un bon thriller, vous êtes tellement pris dans l'atmosphère du livre que vous oubliez qu'il existe un auteur derrière l'histoire.
Dans « Tu vas mourir », la vérité est toute autre : l'assassin est connu dès le départ puisqu'il s'agit de votre humble narrateur ! Et il se charge de bouleverser votre moralité à la fin de chaque chapitre...
Vous croiserez ainsi le dramatique destin de personnages qui pourraient être vos proches – peut-être même vous reconnaîtrez-vous –, et devrez chercher le mobile qui se cache derrière chacun de ses crimes et châtiments diaboliques...
Avec « Tu vas mourir », vous n'avez pas fini de vous interroger ! Et au final, peut-être finirez-vous par trouver tous ces châtiments justifiés...


Un thriller très original de par son idée de base mais qui ne plaira sans doute pas à tout le monde. Pour ma part, autant je comprends ce qu'a voulu faire et dire l'auteur, autant je suis mitigée quant à la façon de faire. Enfin, on peut dire que c'est un pari risqué que de publier ce livre, ça passe ou ça casse. En ce qui me concerne, c'est passé malgré tout.

Comme je le disais, la trame de l'histoire, l'idée, sont originales mais je ne peux pas vraiment vous dire pourquoi sans vous raconter la chute de l'intrigue... Enfin, je ne sais pas tellement s'il y a une intrigue mais il y a une raison à tous ces textes. En effet, ce n'est pas un recueil de nouvelles mais on suit plusieurs courtes histoires différentes, pour lesquels l'Auteur finit très vite par trouver comment le tuer... À nous de trouver son mobile !

J'ai adoré cette idée que l'auteur a eu de se mettre littéralement à la place du tueur et c'est drôlement bien maîtrisé ! Drôlement, parce que derrière ces meurtres, l'humour est quand même au rendez-vous. Je suis d'accord que c'est assez particulier mais, pour ma part, ça a bien fonctionné ! L'Auteur, le narrateur donc, joue avec nos nerfs mais aussi avec nos pensées. Pourquoi tue-t-il tous ces innocents ? Sont-ils réellement innocents ? Tout est expliqué à la fin.
Le petit bémol, c'est que j'avais vu venir cette chute. Parce que je suis à peu près sur la même longueur d'onde que l'auteur (soit sur la même, soit je n'ai pas d'avis sur la question... comprendra qui lira). J'ai espéré que le final soit tout autre du coup mais c'était bien celui-ci auquel je pensais. Ce n'est pas grave dans le sens où je comprends pourquoi l'auteur a fait ça, que je ne peux que l'applaudir pour son audace. Ça m'a juste enlevée le bon retournement de situation que l'on aime découvrir en général en fin de thriller.
Toutefois, j'en retiens l'humour que j'ai adoré découvrir, l'idée qui est originale et bien développée et maîtrisée du début à la fin. Reste que c'est un choix assez personnel qui ne sera sans doute pas du goût de tout le monde...

Dans ce roman, on croise toutes sortes de personnages. Le père Noël, un banquier, un juge... ce n'est pas forcément la profession qui joue, bien qu'un peu quand même, mais surtout le personnage en lui-même, son caractère, sa personnalité, sa façon d'être et de vivre... Tout est réfléchi et bien calculé, et certains vous rappelleront sans doute des personnages que vous connaissez ou avez connu...

Un thriller à ne pas prendre au premier degré. Plutôt à prendre avec son humour tel quel et pousser la réflexion jusqu'au bout ensuite, avec détachement. Personnellement, j'ai adoré, même si j'aurais aimé une chute peut-être moins personnelle mais il faut le lire en se rappelant que c'est un roman très particulier.





SimPlement.pro










11 oct. 2017

Reconstitution.

Thierry Moral
Reconstitution
IS Edition (Sueurs glaciales) - 2017
136 pages
14€



Le 15 août 2008, à la veille de l'explosion de la Tour B dans la cité des Hérons, le boss organise son grand jeu.
Cinq jeunes sont guidés par Rudy, le meneur. Cinq plus un : JL, l'invité surprise. Le boss ne l'avait pas prévu au programme, mais JL est une balance... Il assistera donc au grand jeu et devra vivre avec sans pouvoir en parler, sous peine de lourdes représailles.
Après plusieurs années de troubles, de malaises et d'isolement, JL se décide enfin à raconter l'histoire sur scène, sous la forme d'une « reconstitution ».
Le boss, psychopathe patenté, laissera-t-il passer ce faux pas ?


Je m'attendais plus à être en plein cœur du jeu plutôt que dans une sorte d'enquête. En fait, on n'a pas vraiment ni l'un ni l'autre, ou plutôt un peu des deux... C'est plus basé sur le suspense que le Boss fait endurer au lecteur du début à la fin et ça fait malgré tout son petit effet.

Jean-Luc, surnommé JL, entre autres, est réputé pour être une balance. Cette particularité ne va pas lui rendre service lorsqu'il décide de s'incruster dans un jeu que le Boss à organiser pour cinq jeunes... Celui-ci ne l'avait pas prévu dans l'équation et compte bien lui faire payer à sa façon... JL ne ressortira pas indemne de ce grand jeu, et la suite des événements que lui prévoit le Boss risque bien d'empirer les choses...

Je ne suis pas vraiment déçue par ce roman même si j'en attendais clairement autre chose. Enfin, j'espérais surtout rentrer dans ce fameux jeu, même si je me doutais qu'il y aurait plus que ça, j'ai cru qu'on y serait un minimum malgré tout. Finalement, on découvre ce qu'il s'est passé dans le jeu pendant la reconstitution de JL, sous forme de pièce de théâtre. De ce côté là, je suis assez déçue parce qu'on découvre tout d'un seul bloc, d'une façon assez minimaliste et ça a considérablement minimisé les dégâts...
Toutefois, le suspense qui s'ensuit n'a rien de décevant ! En effet, l'histoire commence réellement dès la fin de la pièce et on se rend compte, petit à petit, qu'il pourrait arriver tout et n'importe quoi, que la folie du Boss n'a aucune limite... Bon, on s'en rend compte grâce à la reconstitution aussi mais dès que JL est concerné, c'est difficile de lâcher le livre, on veut absolument savoir ce qu'il va se passer parce que rien n'est prévisible.
C'est dommage que le roman soit si court par contre parce que tout se passe très vite et, bien que la fin n'est pas du tout ce à quoi on aurait pu s'attendre, j'ai eu une impression de manque. Tout y est mais je pense que j'aurais aimé que ce soit plus développé afin de mieux apprécier ce suspense justement, que ça s'enchaîne moins vite.

Je ne peux pas vraiment en dire plus parce que, comme il est très court, et que finalement l'auteur réserve son suspense sur autre chose que le jeu en lui-même, je ne ferai que spoiler. Mais pour conclure, c'est un thriller qui se lit rapidement et que je peux aisément conseiller bien qu'il ne soit pas complètement exploité. Le suspense est là, la folie aussi, elle va même très loin et c'est un plaisir à découvrir.





SimPlement.pro









24 sept. 2017

Bittersweet.

Colas Droin
Bittersweet
IS Edition (Graines d'écrivains) - 2017
116 pages
13€



Marc, adolescent à la sensibilité et l'imagination débordantes, subit de plein front le cancer de Lucie, sa petite sœur de huit ans.
Alors que les aller-retours à l'hôpital se font plus fréquents, il dérive progressivement dans l'onirique afin d'oublier la réalité du quotidien...
Trouvera-t-il dans ses rêves une explication à la vanité du mal ?

Si ce roman se lisait vite dès le départ, c'est bien tout ce que je lui trouvais au premier abord. Finalement, j'accrochais de plus en plus, parce que les mots choisis, la façon dont l'auteur raconte l'histoire, sont percutants. C'est très rapidement devenu un coup de cœur !

Pendant une très courte période, on suit principalement Marc, c'est du moins lui le narrateur, face à la maladie de sa petite sœur de 8 ans. Lucie a un cancer et Marc, même s'il se voile la face, n'arrive pas à l'accepter, ce n'est pas possible, trop injuste... Marc fait alors comme il peut pour avancer, pour soutenir sa mère, maladroitement mais toujours franchement, fidèle à lui-même. Accablé par toute cette tristesse, il se retrouve souvent dans le monde des rêves, où il cherche des réponses à ses questions : la maladie, la mort, la vie...

Si je n'accrochais pas au tout début, c'est surtout à cause de la façon de parler de Marc. C'est lui le narrateur, donc on est tout le temps dans sa tête, et c'est tout aussi franc que ce qui sort de sa bouche... Ce sont des phrases parfois "décousues", ou du moins mal tournées, pas mal d'injures, de l'irrespect général et je me suis dit que ça n'allait pas le faire... Mais en fait, ça le fait très bien ! Parce que Marc n'a que 15 ans, qu'il n'a simplement pas de filtre et qu'il croule tout aussi "simplement" sous le poids de sa tristesse et de son incompréhension face à l'injustice de la vie. On se rend très rapidement compte qu'il n'y a pas de méchanceté dans tout cela, pas d'insultes gratuites, et ce que je prenais pour de l'irrespect n'est que la conséquence de ce qui lui échappe, du haut de ses 15 ans.
On s'attache très vite à Marc, à sa souffrance dissimulée, au fait qu'il se soit perdu au milieu de la tristesse quotidienne, parce que personne ne sait si Lucie ira mieux, qu'elle n'a que 8 ans, qu'ils ont déjà perdu leur père... Que la vie s'appelle Injustice. C'est énorme ce qu'il vit et, malgré tout, bien que l'on ressente cette tristesse les accablant tous, ce n'est pas lourd à lire parce que l'auteur a su y intégrer une certaine justesse, de l'humour et un côté poétique, métaphorique, qui fait clairement du bien à lire en parallèle.

Une fois que je j'ai cerné le personnage de Marc, je me suis très vite retrouvée en lui... Je n'ai pas du tout le même âge, je n'exprime pas ma peine, ma colère, ma haine comme lui, ou disons plutôt pas de la même façon, mais il exprime à sa façon exactement ce que je ressens généralement face à l'injustice de la vie... Ce que, donc, beaucoup ressentiront également. C'est un personnage réel, authentique, sincère, très sensible malgré les apparences et très touchant.
Je ne me suis pas vraiment attachée à Lucie et sa mère, bien qu'elles fassent partie intégrante de l'histoire. Mais, justement, je pense qu'elles et Marc sont un tout, que bien qu'ils soient différents, l'histoire n'aurait pas lieu d'être sans ces trois personnages-là en particulier. Ils ne vont pas les uns sans les autres.

Cette histoire m'a profondément touchée. C'est un thème délicat, triste mais manié avec tant de justesse, de sincérité, d'amour et de jolies métaphores que l'on ne se sent pas déprimé après l'avoir fini. Je pense qu'il m'a principalement touchée pour mes raisons personnelles, que l'auteur a su trouver les mots justes, ainsi que l'émotion, pour exprimer tout ce que l'on peut ressentir et vivre face à la maladie, mais même sans cela je pense qu'il est très facile d'être conquis par cette histoire, d'autant plus que la plume est très fluide. Marc est un personnage très percutant et émouvant, c'est ce qui m'a le plus surprise finalement. C'est un beau coup de cœur que je recommande vivement !



SimPlement.pro











6 juil. 2017

Sentinelle.

Jean-Bernard Lemal
Sentinelle
IS Edition - 2017
184 pages
16€90



Aka-Bô est l’un des derniers survivants de la tribu des Sentinelles, un peuple complètement isolé qui refuse tout contact avec le reste du monde. Il lutte pour la survie de ses congénères sur l’Ile de Sentinelle, perdue au milieu de la mer.

Un jour, un cyclone apporte des ordures de la « civilisation » sur le rivage. Aka-Bô, qui n’en avait jamais vues, ouvre un sac et y trouve un magazine. Sur la couverture, la photo d’un homme blanc. Fasciné, il le prend pour son dieu, Pugalat, que les Anciens décrivent comme un homme à peau claire. Il décide alors de pratiquer des transes pour le faire venir sur l’île.

Walter Teagarden, l’homme présent sur la photo du magazine, est cadre chez WIC, l’une des plus grosses sociétés américaines de conseil. Après avoir découvert les pratiques douteuses de WIC et de sa concurrente IWS, il se rend compte que ces manœuvres cachent quelque chose de bien plus grave encore, et chercher alors le moyen de donner une leçon à tous ces gens qu’il déteste...



J'ai un petit souci avec ce roman, je ne suis pas sûre d'avoir tout compris... J'ai du mal lire le résumé et du coup, je ne m'attendais pas du tout à ça. De plus, j'ai vite été semée dans les personnages et j'ai fini par ne pas tellement accrocher... Le fait qu'il soit court a beaucoup aidé à ce que je le termine mais je reste dubitative.

Les plus gros soucis que j'ai rencontré lors de cette lecture c'est la lenteur de l'intrigue et les personnages. Je m'explique. Il se lit vit, l'écriture est fluide, et heureusement, mais j'ai eu souvent l'impression de stagner, de ne pas spécialement avancer dans l'intrigue alors que les pages se tournaient rapidement. Et j'ai eu beaucoup de mal à cerner les personnages. Pendant plus de la moitié, j'ai même cru qu'un seul et même personnage en incarnait deux, comme un dédoublement de personnalité ou quelque chose de ce genre alors que non, il y en a bien deux, qui sont d'ailleurs frères... Mais, je ne sais pas, au fur et à mesure de ma lecture, je n'avais pas ce sentiment de différences entre eux, si ce n'est le nom qui changeait. Je me suis donc perdue plusieurs fois dans la narration, ce qui ne m'a pas aidée à tout comprendre j'imagine.

Je peux quand même dire que j'ai apprécié l'alternance entre deux personnages, les deux protagonistes de cette histoire : Walter et Aka-Bô. Ce changement titillait ma curiosité et m'aidait à vouloir avancer car j'avais réellement envie de comprendre ce qu'il se passait. Cela n'a malheureusement pas marcher pour moi, mais je pense que je suis simplement mal partie avec ce roman. Je ne sais pas. Quoi qu'il en soit, il y a des choses intéressantes, des personnages, surtout, intéressants et je ne peux que vous conseiller de vous faire votre propre avis.

La meilleure chose que je peux retenir de ce roman, c'est l'alternance de deux personnages, donc, très différents, qui donnent toujours envie d'en savoir davantage et d'avancer. Je suis vraiment déçue de moi-même de ne pas avoir tant accrocher que ça finalement parce que, clairement, c'est bien écrit. J'espère donc que ce roman saura retenir d'autres lecteurs.





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19 juin 2017

Enquête aux Volets Bleus.

Kate Oliver
Enquête aux Volets Bleus
IS Edition - 2017
144 pages
14€



Rosetta Bancale a été placée contre son gré en maison de retraite par sa fille unique pour un début d'Alzheimer. Elle intègre alors un groupe de six « résistants » pratiquement abandonnés par leurs familles, mais à l'aise financièrement. Leur devise : rire, boire et bien manger, malgré les restrictions de l'établissement.

Le petit club fait les quatre cents coups, transgresse allègrement le règlement et se venge des mesquineries du personnel, mais chacun reste évasif sur son passé... Un des sept membres, surnommé « le Capitaine », se fait prendre dans les filets d'Annette, une auxiliaire de vie cupide qui cherche à se faire épouser. Mais elle est un jour violemment poussée dans l'escalier...

Un inspecteur de police va alors enquêter et découvrir le passé peu reluisant de certains des pensionnaires, la vie tourmentée ou malheureuse de quelques autres, et le chantage financier exercé par Annette sur celui ou celle qui a changé de sexe et qui ne voudrait pas que son secret soit divulgué.

Pour compliquer encore un peu plus l'enquête, chaque membre du club va s'accuser du « crime » pour protéger ses amis...



Un roman policier assez drôle et léger qui est très efficace pour une petite pause détente. En effet, l'humour est au rendez-vous du début à la fin et l'enquête n'a franchement rien de prise de tête, elle est très légère et permet ainsi de se poser quelques heures en passant un agréable moment. Cependant, il y a quelques petites choses qui m'ont dérangée mais rien qui ne m'aura vraiment gâché la lecture.

Rosetta, qui présente un début d'Alzheimer, est placée en maison de retraite par sa fille qui ne peut pas s'occuper d'elle à temps plein. Rosetta n'est pas d'accord pour ce placement mais c'est ainsi qu'elle fait son entrée aux Volets Bleus, intégrant très rapidement un groupe de six pensionnaires quasiment laissés pour compte par leurs familles. À eux seuls, ils refont le monde à leur façon, en profitant de la vie comme jamais peut-être mais surtout en violant les règles de l'établissement autant que possible et en se vengeant gentiment du personnel. L'ambiance est joyeuse pour ces pensionnaires qui ne se prennent pas la tête, jusqu'au jour où Annette, une auxiliaire de vie, accessoirement amante de l'un des pensionnaires du groupe de Rosetta, se fait violemment pousser dans les escaliers... Une enquête policière est alors ouverte et faire ressurgir quelques surprises.

Ce roman est classé dans la catégorie "policier" mais je trouve le terme un peu fort. Pour moi, il s'agit plutôt d'un roman humoristique. Alors, certes, il y a une enquête, mais elle est très rapide et finalement peu développée pour que l'on classe ce roman dans le genre policier. Je classerai donc ce roman dans le genre humoristique ou encore contemporain.
De l'humour, on en a du début à la fin, notamment grâce à Rosetta que j'ai trouvé très, très drôle. Sa façon de parler est juste énorme pour une personne âgée, elle ne passe pas inaperçue et n'a d'ailleurs pas sa langue dans sa poche ! Que ce soit par rapport à ses propres enfants, qu'elle accuse d'avoir voulu se débarrasser d'elle alors qu'elle a tout fait pour eux, ou par rapport aux autres pensionnaires, Rosetta a sa propre opinion sur tout le monde et nous en fait bien profiter !
Justement, en parlant du comportement des autres, l'auteure fait passer quelques messages dans cette histoire, dont l'un plus important que les autres selon moi : la faculté que certaines personnes ont à profiter des personnes âgées, de leurs faiblesses quelles qu'elles soient. Ce message est plus fort que les autres, plus évident et plus touchant aussi. Malgré la nette touche d'humour, on y trouve donc un peu de sérieux, qui passe tout aussi bien tant le naturel est présent dans le récit.

Là où j'ai eu un peu de mal, c'est avec la transition du point de vue des personnages. En effet, on suit d'abord l'intrigue du point de vue de Rosetta. Puis le Capitaine prend le relai, ainsi que Fantoche et l'inspecteur de police également. Pas forcément dans cet ordre. On s'en rend compte par rapport à ce qui est dit mais ce n'est pas explicitement dit en début de chapitre et c'est d'abord un peu déroutant. Ça ne gêne plus dans la continuité du chapitre en question mais c'est déstabilisant au départ, j'aurais aimé que ce soit clairement dit dès le début des chapitres concernés, que l'on change de personnage.
Ce qui m'a un peu dérangée également, c'est la facilité de l'enquête. Autant c'est très bien parce que le roman reste léger, autant j'ai trouvé que ça bâclait un peu le récit, c'est dommage.
Toutefois, tout ça ne gâche pas le plaisir que l'on peut avoir à découvrir ce roman, et surtout en ce qui concerne Rosetta. Je crois que c'est mon personnage coup de cœur, je l'ai adorée !

Un roman bourré d'humour et de messages plus sérieux mais placés bien subtilement à découvrir entre deux bons pavés, pourquoi pas ? Mais surtout à lire si l'on cherche un peu de détente et des personnages atypiques très attachants !





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