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22 nov. 2013

Berazachussetts.

Leandro Avalos Blacha
Berazachussetts
Asphalte - 2011
185 pages
16€25


Berazachussetts ? Une ville argentine tout sauf tranquille. Une zombie punk et obèse erre en quête de chair morte et de bière fraîche. Une milice en fauteuils roulants menée par une gamine paralytique détestable fait régner la terreur. Des fils à papa désoeuvrés mettent en scène des viols et publient les vidéos sur Internet. Quant aux pingouins dans leurs chambres froides... s'ils n'étaient pas là, à chaque coin de rue, la ville serait tout de même moins chic...



Mon avis :

Je ne m'attendais pas du tout à ça ! Mais je ne suis pas déçue, un peu mitigée seulement, ce n'est pas un mauvais roman.

Il se passe beaucoup de choses à Berazachussetts. Susana, Milka, Beatriz et Dora vont le découvrir bien assez vite. Elles sont amies de longues dates et sont toutes les quatre des retraitées de l'enseignement. Tout va basculer dans leur vie respective lorsqu'elles croiseront le chemin de Trash, une zombie punk.. Leur amitié va prendre des chemins différents. Ainsi, Dora laisse sa vie de célibataire de côté pour se mettre avec Saavedra, un homme très haut placé et surtout, riche. Pendant ce temps, Fita, une ancienne voisine des quatre amies, relèvent les morts avec l'aide d'autres habitants de la ville et Periquita, une handicapée détraquée à la tête d'un clan d'infirmes, s'acharne sur Trash. L'heure de la fin a sonné.

Je ne sais pas quoi penser de ce roman. Il part dans tous les sens mais d'un point de vue positif. Il se passe des tas de choses et chaque personnage vit une histoire en parallèle d'un autre. On passe de Susan, Milka, Beatriz et Dora à Trash, de Trash à Saavedra ou son fils.. etc. Je m'attendais à ce qu'il y ait beaucoup de zombies au début et donc beaucoup plus d'action mais en fait, les choses viennent progressivement. On apprend d'abord à connaître les personnages, à les mettre en place dans l'histoire et ensuite, c'est le chaos, donc c'est une progression nécessaire pour rentrer vraiment dans l'histoire. J'ai trouvé que c'était un peu long, par contre, à se mettre en place. Il y a des passages inintéressants pour la suite mais j'ai adoré la fin. Elle est ce que j'espérais du livre en fait, mais elle est imprévisible. J'aime beaucoup l'ambiance du chaos que Leandro Avalos Blacha a décrit et j'aimerai beaucoup voir ce roman en adaptation cinématographique ! Il y a certains passages qui m'ont donné l'impression que je regardais un film... Les seuls problèmes que j'ai eu, dont un qui n'est pas bien important, c'est le manque de chapitres et trop de personnages. Bon, le fait qu'il n'y ait pas du tout de chapitre, ça m'a dérangé au début parce que je n'y suis pas habituée, ça m'a changée de ma routine mais finalement je m'y suis faite assez rapidement. Par contre, j'ai mis un bon moment à me remémorer qui était qui... Disons qu'il y a trop de personnages d'un coup et que je me suis vite embrouillée mais c'est largement rattrapable.

Trash ne m'a pas convaincue en tant que zombie... En tant que tel, je l'imaginais dévorant tout ce qui bouge sans se poser la moindre question et surtout, sans réfléchir. Mais elle se comporte comme quelqu'un de normal, elle sait penser, réfléchir et agir en conséquence. Elle choisit même ce qu'elle mange, du moins au début... Je pense qu'elle était plutôt en pleine crise d'identité puisque les autres zombies ne réagissaient pas tous comme elle...
Dora est insupportable. Très superficielle et sans gênes. Je ne l'ai pas aimée une seule seconde.
J'ai bien aimé Susana par contre, elle avait l'air fragile et sensible mais on n'a pas vraiment le temps de bien la connaître.

Donc, je ne suis pas déçue malgré quelques longueurs parce que ça bouge bien dans la deuxième moitié. On n'a pas vraiment le temps de s'ennuyer et ça devient prenant, comme si c'était un film et j'ai beaucoup aimé cet aspect. De plus, j'aime le style de l'auteur, qui est fluide et qui m'a vite fait oublier mon malaise à cause du manque de chapitres.




http://asphalte-editions.com/

5 janv. 2013

Black music.

Arthur Dapieve
Black music
Asphalte - 2012
125 pages
14€40


En plein centre de Rio, Michael, jeune Noir américain passionné de jazz et de basket, se fait kidnapper par les membres d’un gang. Détenu dans l’univers angoissant d’une favela, sur fond de guerre de factions, la victime va se faire l’observateur de ce monde inconnu et se lier peu à peu à deux de ses ravisseurs : Musclor, le chef du gang, qui rêve de devenir un rapper célèbre, et Jo, sa petite amie accro au funk, qui dévoile le quotidien d’une jeune femme de seize ans dans la favela. La musique comme passion commune, ces trois personnages vont aller de fantasmes en résignations, de terreurs en rêves.


Mon avis :

Michael Philips, un jeune garçon noir américain de 13 ans, se fait kidnapper par un gang, des jeunes d'à peu près son âge. Tout ce qu'ils veulent, c'est une rançon que le père du garçon devra leur donner s'ils veulent le revoir vivant. Enfermé dans une petite pièce, attaché à une chaise avec un unique sceau pour faire ses besoins devant ces jeunes qui montent la garde, armés, Michael devra s'armer de patience et de courage pour faire face à ce qui lui arrive. Son innocence va le lier d'amitié avec Musclor, le chef du gang. Un lien très tendu puisque seule la musique le maintient. Mais aussi avec Jo, la petite amie de Musclor, qui lui apporte ses repas et le fait rêver à sa façon.. Des jeunes qui n'ont pas beaucoup d'avenir, n'ont rien à perdre et surtout, qui font tout pour survivre.

Ce roman soulève bien les problèmes de la société... Les membres du gang ne sont que des amateurs, tous âgés de moins de 18 ans, ce sont des dealers, des drogués, des voleurs... Des jeunes paumés, livrés à eux-mêmes, qui sont prêts à tout pour survivre entre les guerres des clans et la débauche.
L'histoire est d'abord racontée par Michael, victime d'un kidnapping en plein milieu d'une foule qui ne bronche pas... Il incarne l'innocence même, il n'a que 13 ans et ne comprend pas vraiment ce qui lui arrive. Il garde espoir qu'on vienne le libérer malgré l'ignorance qu'il a vis à vis de l'extérieur. Puis, c'est au tour de Musclor de raconter sa vision des choses, sur cet enlèvement mais aussi sur sa passion, ses doutes, ses craintes, sa vie. Il s'exprime dans un rap, en toute logique puisque sa passion première est la musique. Enfin, on a le point de vue de Jo, la toute nouvelle petite amie de Musclor. Plutôt, l'une de ces petites amies... Mais elle s'en contente ; il ne la bat pas, contrairement à d'autres pour qui c'est devenu une habitude et la laisse vivre comme elle l'entend du moment qu'elle ne fricote avec personne d'autre... Sa façon de s'exprimer est bien différente de celle de Michael, ils ne sont pas du même milieu, n'ont pas vécu les mêmes galères et ça se ressent. Pour elle, la prostitution est une solution largement envisageable pour vivre même si ce n'est pas ce qu'elle fait. Son histoire est plus crue, plus tourner sur le sexe comme s'il n'y avait que ça qui comptait maintenant...

Le roman est court mais les mots sont directs et efficaces. L'auteur n'a pas tourné autour du pot pour décrire la misère dont ces jeunes des favélas sont victimes. J'ai eu beaucoup de mal à fermer ce livre une fois commencé parce qu'on suit vraiment la façon de vivre des trois personnages principaux et on se rend bien compte qu'ils n'ont pas de la haine que pour les gangs ou les policiers mais aussi contre eux-mêmes, à tel point qu'ils se permettent de sombrer dans la délinquance, que ce soit pour le sexe à tout va sans amour, la drogue ou encore les vols à répétition. Tous ces jeunes, qui sont armés jusqu'aux dents et qui ont arrêté l'école bien trop vite, qui ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour survivre. L'innocence de l'enfance est bien vite envolée, et Michael va en faire les frais aussi...

Plus on avance dans l'histoire, plus elle devient sombre... C'est facile de s'y accrocher mais difficile de rester indifférent face aux propos de l'auteur...




 « Des gars qui racontent de belles histoires, j'en connais aucun.
On soupire ensemble pour partager le mal en commun.
On avait un avenir, maintenant on n'a plus rien.
On avait de l'avenir, maintenant on n'est plus rien.
»

« Laisse tomber ! Anisio avec une arme ? Le pauvre avait vécu sans tache et il est mort sali. T'as sûrement déjà dû entendre un paquet d'histoire comme celle-là. Mais quand ça t'arrive à toi, tu comprends d'un coup ce que ça veut dire souffrir. »