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8 févr. 2019

Double.Me - Tome 1 & 2.

Miki Mâkasu - Oto-San
Double.Me (Tome 1)
Ankama - 2017
208 pages
7€95




L'immortalité en un seul clic !

Aiko et sa meilleure amie Eri passent tout leur temps à tchater sur le réseau sociale Double.Me. Elles parlent de tout mais surtout de Dosan, un beau lycéen dont les deux amies sont amoureuses. Hélas, Eri meurt. Aiko, profondément touchée par la disparition de son amie, voit la nouvelle application de Double.Me s'activer : une I.A. imite Eri. Aiko se laisse alors emporter par ses dialogues virtuels, mais jusqu'à quel point... ?














J'ai mis un peu de temps à découvrir ce premier tome et je regrette d'avoir mis si longtemps à le lire après l'avoir acheté ! Maintenant, je n'ai qu'une envie, découvrir la suite sans plus attendre ! C'est un premier tome très prometteur quant à l'univers, tant ça a l'air développé, même si on ne sait pas encore grand chose dans ce début. C'est pourquoi la suite s'impose comme une évidence !

Aiko et Eri sont deux meilleurs amies que tout oppose, sauf Dosan, le beau gosse du lycée dont toutes les filles rêvent. Les deux jeunes filles sont tout le temps en contact ; lorsqu'elles ne se voient pas, elles discutent via Double.Me, un réseau social. Depuis peu, ils ont d'ailleurs sorti une nouvelle application : lorsque quelqu'un meurt, il est encore possible de discuter avec cette personne via une I.A. qui imite le défunt. Aiko et Eri sont emballées par l'idée et cette première ne tarde pas à pouvoir la tester lorsqu'Eri meurt dans d'étranges circonstances...

Autant je suis consciente que ce premier tome n'est pas complet, des éléments importants sont forcément réservés par la suite, autant je le trouve déjà très développé. On découvre beaucoup de choses : le réseau social Double.Me ainsi que sa nouvelle application révolutionnaire, le lien qui unit Eri et Aiko ainsi que leur début d'amitié plutôt fracassant, le harcèlement qu'a subi Aiko par le passé, l'enquête naissante suite au meurtre d'Eri... Tout est déjà bien détaillé et développé pour un premier tome, rendant l'histoire très prenante et intrigante à la fois.
Et, malgré tout, on se pose encore plein de questions : qu'est-il arrivé à Eri ? Qui l'a tuée ? Pourquoi ? Quel est l'avenir de l'application de Double.Me ? Quelles seront les répercutions sur les utilisateurs ? Et plein d'autres encore, liées à l'histoire, mais peut-être moins importantes. Bref, concrètement, on a très envie d'en découvrir davantage sur cet univers rempli de mystères pour le moment !

Les personnages sont également bien développés. On cerne très vite la personnalité d'Eri ainsi que celle d'Aiko, qui sont totalement différentes. On se demande même comment elles ont pu devenir amies. On peut donc se poser aussi certaines questions sur cette amitié... Dosan est un personnage secondaire qui a beaucoup d'importance au centre de l'histoire. C'est un personnage-clé qui déclenche pas mal de situations. Là aussi, des questions se soulèvent.

J'ai eu un gros coup de cœur pour les graphismes. C'est très agréable à regarder, rempli de détails et de personnages expressifs, sans pour autant nous perdre dans de trop nombreux traits. C'est maîtrisé et c'est un pur régal pour les yeux.

En bref, c'est une série que je ne peux que conseiller. La suite en est prometteuse par ce premier tome déjà très développé, laissant à la fois planer beaucoup de mystères. Autant avoir la suite sous la main si on la commence, car l'attente sera difficile à supporter !


















Miki Mâkasu - Oto-San
Double.Me (Tome 2)
Ankama - 2018
192 pages
7€95




Alors que l’enquête sur le meurtre d’Eri se poursuit, les soupçons de Watsuki se portent sur Aiko. La découverte du corps de Cho ne fait que confirmer sa théorie. Aidé par une collaboratrice du procureur, Akari Toya, il tente d’établir la culpabilité de la jeune fille. La vidéo faite par Hitomi pourrait bien être la preuve qui lui manque. L’étau se resserre autour d’Aiko, mais elle ne semble pas inquiète et n’a qu’une chose en tête : conquérir Dosan.



Un deuxième tome que j'ai trouvé bien en-dessous du premier. L'intérêt est moins présent parce qu'il s'y passe moins de choses, on fait moins de découvertes...

Le corps de Cho, morte, est retrouvé. Pour Watsuki, il ne fait aucun doute qu'Aiko est la coupable du meurtre d'Eri puisque tout tourne autour de Dosan, le jeune homme dont toutes les victimes ont été amoureuses, y compris Aiko. Mais il lui manque les preuves ! La seule qu'il pourrait avoir est la vidéo de Hitomi, mais Aiko lui a déjà mis le grappin dessus afin de se sortir d'affaire...

Dans ce tome, Aiko nous apparait différente. Elle a changé et ne nous cache en rien ses intentions, manipulée par Eri via l'application. Elle se révèle de plus en plus machiavélique, prête à tout pour parvenir à ses fins... que l'on ne comprend pas encore bien dans ce deuxième tome. C'est ce qui me donne envie de poursuivre, j'ai terriblement envie de connaître le fin mot de l'histoire et voir où on veut nous mener réellement puisque l'une des raisons qui poussaient Aiko à tuer n'a plus lieu... On y retrouve donc, malgré tout, des rebondissements inattendus et des personnages surprenants. Aiko, parce qu'elle se dévoile différemment du premier tome, sombrant un peu plus dans la folie et l'assurance chaque jour ; Watsuki, parce que, pour être honnête, je trouve encore gros la façon dont il fait le rapprochement entre Aiko et tous ces meurtres...

J'en attendais beaucoup de ce deuxième tome et je pense simplement que j'en attendais trop ! Ça reste un bon tome de transition mais je l'ai trouvé bien en-dessous du premier parce qu'il s'y passe moins d'événements intéressants malgré quelques surprises de taille.













23 nov. 2017

Mise à Jour.

Julien Capron
Mise à Jour
Seuil - 2017
224 pages
18€



Paris, de nos jours ou presque. Au sortir d’un plateau télé, Léandre Batz, journaliste en mal de sujet, croise le chemin d’une figure de la Comédie-Française, Olivia Muller. L’actrice est effondrée, elle vient de se voir refuser le droit à l’adoption : sa nOte est trop basse. Car il faut savoir qu’une application – aussi simple que cruellement efficace – régit désormais le quotidien de tous les utilisateurs de smartphone, autant dire d’à peu près chaque être vivant sur la planète. Cette appli, c’est eVal. Fini les TripAdvisor, le nombre d’amis Facebook, les étoiles sur Airbnb : eVal centralise tous les avis sur absolument tout. Y compris les êtres humains. Et elle ne fait pas dans la nuance. La nOte est maintenant le premier marqueur social, pour le meilleur et surtout pour le pire. Alors cette histoire d’adoption contrariée, c’est ce qu’attendait Léandre pour partir en croisade. Premier mystère à résoudre : comment la grande Olivia Muller peut-elle avoir une telle nOte ? Léandre va s’apercevoir que, concernant eVal, les explications les plus logiques ne sont pas forcément les meilleures. Et quand on sait que le cerveau milliardaire derrière l’appli que Léandre s’apprête à démolir n’est autre que son petit frère, l’enquête prend vite des allures de tragédie grecque.


Je ne sais pas vraiment quoi en penser... J'ai adoré le thème, la façon dont ça a été abordé, la mise en scène originale. De plus, ça se lit très vite et c'est plutôt bien abouti, même si la fin est assez prévisible. Clairement, j'ai adoré. Mais je ne suis pas super emballée non plus et je ne saurais pas vraiment dire pourquoi... Peut-être le manque d'attachement lié aux personnages même si je les ai adorés également ? Je ne sais pas... Toujours est-il que je n'ai pas peiné à le lire et que j'ai passé un bon moment ; il reste prenant.

Léandre, journaliste à l'avenir flou à cause du manque de sujets, voit se profiler une idée lorsqu'il rencontre Olivia. En effet, cette célébrité du théâtre s'est vue refuser sa demande d'adoption parce que sa nOte sur eVal est trop basse. Comment une star comme elle pourrait avoir cette nOte ? Quelque chose ne colle pas et Léandre y voit un bon moyen de renverser cette appli qu'il méprise plus que tout. Il ne comprend pas comment une simple appli peut déterminer qui on est vraiment et pourquoi on devrait se baser là-dessus pour les choses importantes de la vie. En outre, Léandre s'apprête à attaquer son propre frère, qui est le créateur de eVal et qui est l'une des personnes qu'il ne porte pas vraiment dans son cœur...

Avant tout, ce que j'ai adoré, c'est l'originalité de la mise en scène. En effet, plusieurs personnages "parlent" au lecteur, c'est présenté un peu comme une pièce de théâtre mais certaines expressions des personnages nous font penser qu'ils s'adressent directement à nous, comme si c'était un interrogatoire, retransmis par écrit. En clair, on a le nom du personnage concerné puis son texte. C'est construit comme ça du début à la fin. Et tous ces petits "dialogues" forment l'enquête de Léandre au sujet du refus d'adoption d'Olivia et de l'application eVal... C'est très captivant comme procédé et ça se lit très vite donc on n'a pas l'impression d'avoir perdu son temps si jamais on en ressort mitigé...
À vrai dire, je ne sais pas trop pourquoi je suis mitigée : l'histoire m'a captivée du début à la fin, sauf en ce qui concerne les passages parlent de théâtre, là j'ai un peu trouvé le temps long mais c'est juste parce que ça ne me passionne pas... Il y a du suspense et cette histoire d'application est vraiment intéressante et intrigante.
En effet, imaginez qu'une appli ne sert plus à noter tout et n'importe quoi (ça, on connaît déjà) mais également les gens. Vous n'aimez pas quelqu'un ? Il suffit de lui mettre un rouge... Vous le trouvez sympa ? Allez, un vert. Mes exemples restent superficiels mais l'appli peut fonctionner comme ça puisqu'il n'y a pas à se justifier pour donner une note. Ce serait un enfer si cette appli existait en vrai puisqu'elle clairement nous pourrir la vie. La preuve, Olivia ne peut pas adopter à cause de ça, sa note n'étant pas assez élevée. Un mauvais jugement et on est vite radié de tout ce que l'on désire...
J'ai beaucoup aimé l'approche de l'auteur quant au social, aux jugements hâtifs, à l'influence de certaines personnes sur les autres... C'est dans un futur pas si éloigné de notre réalité que l'on peut se rendre compte à quel point notre vie peut être un désastre à cause de ce que les gens pensent savoir de vous... Entre autres.

Si j'ai tout apprécié, il reste bien quelque chose qui fait que je n'ai pas sauté de joie en fermant ce livre... et je pense qu'il s'agit des personnages. En effet, je ne sais pas si ça vient de la mise en scène ou si c'est autre chose mais je ne me suis pas attachée plus que ça à eux. J'ai aimé les découvrir mais sans plus. J'ai apprécié qu'ils aient chacun une façon différente de parler, c'est subtil mais ça les différencie. De plus, leur caractère et personnalité sont également bien différents les uns des autres. Mais pour moi ça s'arrête là. Ils sont plaisant à découvrir, à suivre, mais je n'ai pas eu d'accroche particulièrement pour aucun d'entre eux.

Je ne suis pas sûre que le terme de thriller convienne vraiment mais je ne saurais pas non plus dans quel genre le classer. Une dystopie ? Oui et non, l'univers n'est pas tellement différent du nôtre, il y a "seulement" cette appli en plus. Ce roman est assez atypique finalement. Dans tous les cas, il dépeint bien certains côtés de notre société actuelle tout en étant captivant et entraînant. C'est déjà pas mal...

















13 avr. 2017

Shadow House - Tome 1.

Dan Poblocki
Shadow House : La rencontre (Tome 1)
Hachette - 2017
224 pages
15€90
Dès 10 ans


Le manoir Larkspur.
Ils sont tous venus y chercher quelque chose.

Pour Poppy, une famille.
Pour Azuma, un pensionnat.
Pour Marcus, une école de musique.
Pour les jumeaux Dash et Dylan, un plateau de tournage.

Mais rien de tout cela ne les attendait.
Le manoir Larkspur n’est pas la maison de leurs rêves.
C’est la prison où leurs pires cauchemars deviennent réalité.

ENTRE DANS LA MAISON DES OMBRES... SI TU L’OSES.


Mon avis :

Un roman d'horreur jeunesse aussi beau à l'intérieur qu'à l'extérieur ! Il se présente de façon originale et l'intrigue n'en est pas pour autant creuse, bien au contraire. Un vrai plaisir à découvrir, nous faisant frissonner et ce, à n'importe quel âge !

Cinq jeunes se retrouvent devant le manoir Larkspur, dans lequel chacun y a été invité. Poppy pense y trouver une famille ; Marcus, une école de musique ; Azuma, un pensionnat ; enfin, Dash et Dylan, un plateau de tournage pour leur prochain film. Mais ils se rendent vite compte que quelque chose cloche, qu'ils ne sont pas tous là pour la même chose et que des événements étranges se produisent à mesure que le temps passe...

Je ne pensais sincèrement pas flipper avec ce roman, étant destiné vraiment à un jeune public, mais j'avoue que certaines choses ne m'ont pas rassurée...
Tout d'abord, on découvrir Poppy, une jeune orpheline qui découvre un jour, par hasard, une lettre venant de sa grand-tante lui étant destinée. Celle-ci l'invite dans son manoir afin de reformer une famille... Puis c'est au tour de Marcus qui ne vit que pour la musique. Il entend très fréquemment des mélodies dans sa tête et il a besoin de les jouer sur un instrument, au grand désespoir de sa mère car cela lui rappelle de mauvais souvenirs. Le problème est réglé lorsqu'il reçoit une invitation à rejoindre une école de musique. Pour Azumi, c'est un pensionnat qu'elle cherche, après le décès de sa sœur dont elle se sent coupable. Enfin, les jumeaux Dash et Dylan, très connu pour leur interprétation de Scott, termine le tournage du dernier épisode de la série. Ils reçoivent alors une invitation à tourner dans un film d'horreur...
Toutes ces invitations mènent les jeunes au même endroit : le manoir Larkspur. Le lecteur, à l'inverse des personnages, sait donc dès le départ qu'il y a un problème et qu'il va se passer des choses bizarres. Mais sans réellement savoir quoi ! À peine arrivés, des phénomènes étranges se produisent, d'abord peu, puis ça s'enchaîne de plus en plus et la pression augmente à mesure que l'on avance dans la lecture. Toutes ces ombres et ces événements bizarres n'ont rien de rassurant et ça empire chaque fois un peu plus... La fin est d'ailleurs très haletante à cause de ça, un vrai plaisir !

Ce qui aide à ressentir l'atmosphère angoissante de ce roman, ce sont les photos présentes de temps à autres. Elles illustrent parfaitement l'histoire et certaines sont vraiment flippantes ! Alors imaginez, quand on arrive sur la fin où tout s'accélère déjà au niveau du texte et que, en plus, on découvre sur les photos ce que les personnages voient et vivent, c'est juste énorme !
L'autre originalité de la présentation, c'est la couverture et les pages en elles-même. En effet, la première de couverture est en dur et lorsqu'on la tourne, on découvre une fille derrière. En la refermant, la fille prend un autre visage grâce à la couverture... De plus, les pages sont dans une nuance de gris plutôt que d'être blanches, ce qui ajoute à l'atmosphère déjà bien pesante !

Quant aux personnages, certains sortent plus du lot que d'autres et sont aussi plus attachants. Je pense notamment à Azuma et aux jumeaux...
Poppy est une jeune orpheline, abandonnée très tôt par sa mère, qui rêve d'avoir une vraie famille. On imagine très bien sa joie quand elle découvre la lettre de sa tante...
Azuma est en deuil depuis qu'elle a perdu sa sœur, persuadée que c'est de sa faute. Elle fait sans cesse des cauchemars et a des crises de somnambulisme qui l'amène systématiquement au même endroit...
Marcus ne peut pas s'empêcher de jouer de la musique. Il entend fréquemment des mélodies dans sa tête et se sent obligé de les jouer sur un instrument, au grand dam de sa mère à qui la musique lui rappelle des mauvais souvenirs...
J'ai eu plus de mal à accrocher aux jumeaux, Dash et Dylan. Ils ont des personnalités bien différentes mais j'ai eu du mal à les différencier tout au long de ma lecture. Néanmoins, la fin les concernant es très touchante et on ne s'attend pas du tout à ce dénouement.

Un excellent premier tome qui sait faire frissonner et ce, à n'importe quel âge. Le public visé y trouvera donc son compte s'il cherche des frissons, ils sont bien au rendez-vous ! La chute finale est juste excellente et tous les éléments mis en place petit à petit sont bien ficelés ; tout est suffisamment développé et prend son sens lorsque l'on a les révélations. Il me tarde vraiment de lire la suite maintenant que les personnages ont quelques réponses !



















8 mai 2016

First love.

James Patterson - Emily Raymond
First love
Hachette - 2016
288 pages
15€90


Moi, c'est Axi.
J'ai seize ans. J'ai toujours été une bonne élève, surtout pas du genre à m'attirer des nnuis... Jusqu'à aujourd'hui. Il est exactement 4h30 du matin, je viens de me réveiller et de tirer mon sac à dos de sous mon lit. Je pars.

Lui, c'est Robinson.
Un jour, je l'ai traité de voyou, histoire de rigoler : il n'a jamais oublié. Il a presque dix-sept ans. C'est mon meilleur ami, mon complice de tous les bons... et moins bons... moments.

Alors forcément, quand je lui propose de fuguer pour partir en Road-trip à travers les États-Unis, il n'hésite pas longtemps. De toutes façons, j'ai tout minutieusement préparé.
Ou presque...
Car comment aurais-je pu prévoir ce qui nous attendait vraiment ?



Mon avis :

Ce roman est une belle surprise pour ma part ! Je cherchais simplement une romance sur fond de road-trip, rien de plus, et je pensais que ce roman n'allait offrir que ça mais en fait non. Il offre bien plus et c'est encore plus agréable !

Axi décide du jour au lendemain de faire un road-trip à travers les États-Unis. Elle a tout de même tout préparer à l'avance : les trajets, les moyens de locomotion, l'argent... Elle propose à Robinson, son meilleur ami, de partir avec elle. Aimant l'aventure, ce dernier n'hésite pas longtemps et chamboule tous les plans d'Axi, du début à la fin, car finalement, tout ne pouvait pas se prévoir...

Il est facile de se spoiler sur le fond de ce roman sur la blogosphère. Malgré tout, je ne dirai rien, pour ne pas gâcher la surprise à ceux qui ne savent pas encore de quoi il parle réellement. Tout ce que je peux dire, c'est que l'on ne s'y attend pas du tout. Je m'y suis imaginée plusieurs choses, parce que Axi fait des sous-entendus de temps à autres, mais j'étais loin du compte. C'est totalement surprenant et ça change complètement la fugue anodine des deux protagonistes...
À travers un journal intime, Axi nous raconte donc ce road-trip avec son meilleur ami. Elle nous dévoile leurs mauvais coups mais aussi leurs bons moments ; sa peur de se jeter à l'eau quant aux sentiments qu'elle ressent pour Robinson, les joies que les interdits lui procurent, les petites attentions que Robinson lui apportent, leurs querelles... Elle relate tout et on se prend facilement au jeu. Ses sous-entendus attisent notre curiosité même lorsque l'on ne voit pas de quoi elle parle : on veut savoir. 
On ressort de ce roman changé, tout comme Axi. On relativise, il donne envie de vivre réellement, de profiter de tout pleinement, comme si chaque jour était le dernier (on ne se le dira jamais assez...).
De plus, la présentation est vraiment originale. Tout au long, nous avons des photos de leur road-trip mais aussi de ces deux personnages dans différentes situations. Un journal intime comme on aime les découvrir : intime et donc personnalisé.

Axi est un personnage que l'on connait peut au départ. Tout ce que l'on sait, c'est que sa mère est partie du jour au lendemain et que son père passe son temps à boire. C'est ce que l'on sait au départ, mais d'autres informations viennent se greffer plus tard. Des infos pas forcément joyeuses qui la rendent un peu plus touchante à chaque fois.
C'est pareil pour Robinson, c'est un secret à lui tout seul et on découvre pas mal de choses sur lui en même temps que Axi. Tout ce que l'on sait au départ, et tout ce que je peux vous dévoiler du coup, c'est qu'ils ont un lien très fort, comme s'ils se connaissaient depuis toujours. Ils ont leur propre façon de communiquer entre eux, ils se connaissent parfaitement (si on oublie les infos que Robinson cache sur lui et que Axi finit par découvrir plus tard) et cette belle relation est toujours mise en évident. Ils sont beaux, leur histoire est belle, tout simplement.

Une romance jeunesse qui est bien plus sérieuse qu'il n'y parait. Ce n'est pas tant le thème qui est abordé de façon sérieuse, bien que ce soit grave, mais il est surtout question de liberté, d'acceptation, de courage, d'amour et de résignation. Dans le fond, il y a une belle leçon de vie, même si je n'ai pas toujours approuvé les choix de Robinson dans un premier temps. C'est ce qui est bien avec ce roman, c'est qu'on se remet aussi en question, on revoit les priorités et on comprend certaines choses. Il fait réfléchir...

















7 avr. 2016

Everything, everything.

Nicola Yoon
Everything, everything
Bayard - 2016
362 pages
16€90

Ma maladie est aussi rare que célèbre, mais vous la connaissez sans doute sous le nom de maladie de l'enfant-bulle". En gros, je suis allergique au monde. Je viens d'avoir dix-huit ans, et je n'ai jamais mis un pied dehors.
Un jour, un camion de déménagement arrive. Je regarde par la fenêtre et je le vois. Le fils des nouveaux voisins est grand, mince et habillé tout en noir. Il remarque que je l'observe, et nos yeux se croisent pour la première fois.
Dans la vie, on ne peut pas tout prévoir, mais on peut prévoir certaines choses. Par exemple, je vais certainement tomber amoureuse de lui. Et ce sera certainement un désastre.





Mon avis :

En commençant ce roman, je ne m'attendais pas du tout à ça ! J'espérais bien que la maladie ne soit pas trop pesante, que l'auteure nous offre plus une belle leçon de vie plutôt qu'un récit larmoyant mais j'étais lui d'imaginer qu'elle nous réservait tant de surprises pour ce premier roman ! Une pépite !

Madeline a une maladie très rare. Une forme de Déficit Immunitaire Combiné Sévère, appelée souvent "la maladie de l'enfant-bulle". C'est simple, elle ne peut pas sortir de chez elle sans risquer d'en mourir car son système immunitaire est trop fragile. Tout, chez elle, est contrôlé et purifié : l'air qu'elle respire, les vêtements qu'elle porte, les objets qu'elle touche, les rares personnes qu'elle côtoie. Ceci afin d'éviter tout microbe. Sa vie est donc limitée à la lecture, à son blog littéraire et internet en général, à ses devoirs, aux soirées mère/fille et ses contrôles médicaux faits par sa mère et son infirmière, Carla.
Mais sa vie prend un autre tournant le jour où de nouveaux voisins emménagent. Dès que son regard a croisé celui du fils, elle a su que sa vie allait changer, bien qu'elle ait essayé de se voiler la face...

Ce dont je suis certaine, c'est que vouloir quelque chose me fait vouloir davantage. Le désir est sans fin.

Durant la moitié du roman, à peu près, je lisais sans m'attendre à grand chose. Du moins, je voyais une fin prévisible : Madeline tombe amoureuse, fait des bêtises en conséquences et en paye le prix. Eh bien, j'étais loin du compte... 
L'histoire se présente sous forme de journal intime avec Madeline à la narration et différentes touches personnelles associées à ce qu'elle vit grâce à des illustrations : des mails, des graphiques de toutes sortes, des tableaux. Grâce à ceci et aux chapitres courts, la lecture est très fluide et on tourne les pages avec rapidité même lorsqu'il ne se passe pas grand chose. Et puis, vient les passages un peu plus difficiles, un peu plus risqués, où l'on a envie de poursuivre encore et encore notre lecture... pour ne finalement plus lâcher le livre. Par que la deuxième moitié tient bien plus en haleine. La première est captivante, intéressante, intrigante. Mais la seconde est saisissante ! Les choses se bousculent, les rebondissements pleuvent et les révélations n'en finissent pas, nous faisant passer par tout un tas d'émotions.
Tout au long de ma lecture, je me suis surprise à vivre, à ressentir les émotions de Madeline. Au début, je ne m'en rendais pas compte, mais plus j'avançais dans ma lecture et plus mon cœur faisait des bonds, ou se serrait, ou laissait la place à l'euphorie. Pas une seule fois Madeline ne se plaint de son état, de sa façon de vivre, de sa maladie, des conséquences. Mais il se passe tellement de choses, que l'on passe par tout un panel d'émotions, une vraie montagne russe ! Colère, espoir, chagrin, délivrance, soulagement, haine... On y retrouve de tout et on s'y sent bien !

Madeline a vécu toute sa vie enfermée dans sa maison. Du moins, elle n'a aucun souvenir d'avoir vécu à l'extérieur puisque sa maladie a été diagnostiquée lorsqu'elle avait 4 mois. Elle découvre beaucoup de choses grâce à Olly, son nouveau voisin. Surtout, elle se découvre elle-même. 
La romance entre Madeline et Olly est forcément prévisible mais tellement belle... Ce jeune garçon n'a que 17 ans et voue à Maddie un amour si fort qu'on le sent prêt à résister à toutes épreuves. Tout n'est jamais gagné mais cet amour donne beaucoup d'espoir et est la dose de douceur et de fraîcheur dont Maddie a besoin.

J'étais heureuse avant de le rencontrer. Mais à présent je suis vivante, ce qui est totalement différent.

Un roman que je ne peux que conseiller tellement les émotions sont fortes ! La fin n'est pas prévisible du tout, je pense notamment à un gros rebondissement qui change toute la donne. En plus de la belle leçon de vie que nous offre l'auteure, et des petites remises en questions suite à des réflexions pertinentes, on y trouve une magnifique romance et plusieurs éléments imprévisibles en guise de fin. Un beau coup de cœur pour ce roman !
 













20 mars 2016

Les jumeaux Tapper - Tome 1.

Geoff Rodkey
Les jumeaux Tapper : Tous les coups sont permis (Tome 1)
Nathan - 2016
224 pages
12€95


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Je m'appelle Claudia, j'ai 12 ans, et je tiens à dire que tout ce qui est arrivé est de la faute de mon frère Reese.
S'il ne m'avait pas accusée (moi, sa sœur jumelle !) d'avoir lâché un pet dans le car, je n'aurais pas mis un poisson dans son sac à dos, où il n'aurait pas pourri pendant une semaine. Reese n'aurait pas eu une coiffure à l'iroquoise. Je n'aurais pas détruit sa chère PlanèteAmigo sur Metaworld. Et je n'aurais pas à écrire ce récit pour vous prouver que j'ai gagné la guerre (n'écoutez pas mon frère, il est en plein déni).



Mon avis :

Ce roman a tout pour plaire : humour, originalité dans la présentation, fluidité et morale discrète. 
Toutes les histoires de gémellité m'intéressent de base mais qu'est-ce que j'ai pu rire avec ce roman, je ne m'y attendais pas ! C'est une agréable surprise tellement j'ai passé un excellent moment.

Claudia et Reese sont en guerre depuis que celui-ci l'a accusée d'avoir péter à la cantine. Claudia a voulu se venger, puis Reese à son tour et ainsi de suite, jusqu'au drame... D'un poisson enfermé dans un sac à dos, jusqu'aux soldats de Reese détruits dans Metaworld, tous les coups sont permis pour ne pas s'avouer vaincu.

Claudia a décidé d'écrire ce livre pour prouver qu'elle a gagné la guerre mais aussi que tout est de la faute de Reese. Ce qui peut paraître futile à la base (notons quand même que la mentalité de l'ouverture des hostilités convient bien à l'âge des personnages) se transforme en un récit drôle et dynamique. Mes yeux d'adultes voient la futilité des événements mais ce n'est pas pour autant que je n'ai pas pris de plaisir à lire ce roman, bien au contraire ! En fait, on se laisse totalement embarqué par toutes ces petites vengeances mises en place par les jumeaux, se demandant comment tout cela va finir.
Dans ces petites histoires de vengeance et de futilité, l'auteur a glissé une belle morale car les jumeaux se rendent pas compte par eux-mêmes jusqu'à quel point ils ont pu être idiots... Je passerai les détails pour ne pas trop en dire mais la fin est vraiment plaisante à découvrir et fait réfléchir. Il a également glissé le harcèlement dans son histoire ou, plus précisément, le cyberharcèlement. Un problème peu connu qui mérite que l'on en parle plus et c'est suffisamment développé dans cette histoire pour que l'on se rende compte à quel point ça peut faire du mal...

L'originalité de la présentation aide beaucoup, aussi, à apprécier la lecture. Ça l'a rend d'autant plus fluide et dynamique car plusieurs éléments sont mis en place : des captures d'écrans de conversations par textos des parents, des photos pour présenter plus facilement des lieux ou autres, des captures d'écrans de conversations sur un réseau social ou sur Metaworld... et comme Claudia écrit ce livre à base d'interviews, on a la participation de plusieurs personnages, où Claudia intervient de temps en temps avec des notes. Bref, un roman bien agréable sous bien des aspects !












Ce n'est pas une simple histoire de guerre et de vengeance, l'auteur va vraiment au-delà de ça puisque les jumeaux apprennent de leurs erreurs, finissent par retenir la leçon et regrettent systématiquement ce qu'ils font. L'âge et les conséquences ne les ont pas forcément aidés à arrêter en temps voulu mais, par le biais de tous ces événements, l'auteur a pu pointer du doigt plusieurs choses importantes et on ne peut que tirer du bon de ce roman.

Un roman jeunesse rempli d'humour tout en traitant un sujet sérieux : le cyberharcèlement. Le message passe clairement, tout en finesse et tout en passant un excellent moment à rire, à s'interroger et à réfléchir. Il me tarde de lire d'autres aventures de jumeaux Tapper !


















5 nov. 2014

Ma famille normale contre les zombies.

Vincent Villeminot - Yann Autret
Ma fille normale contre les zombies
Nathan - 2 janvier 2015
256 pages
14€90


Je m'appelle Madoloup, et je suis une fille normale. Alors je n'avais pas prévu de me casser le coude le jour de mon arrivée en vacances. Mais ce n'est pas là que les choses ont vraiment dérapé. Non. C'est plutôt quand les goélands sont devenus fous. Qu'ils se sont mis à attaquer les gens. Qu'ils ont contaminé ma petite sœur. Qu'on a appris qu'il s'agissait d'une épidémie de Virus Zombie. Que mon père a décapité Papy. Et qu'on s'est retrouvés assiégés par dix mille morts-vivants qui voulaient entrer par les toilettes...


Mon avis :

Cette famille normale n'a pas grand chose de normal en fait. Elle est plutôt déjantée, ce qui donne un récit drôle et original !

Madoloup part en vacances en Bretagne, chez ses grands parents maternels, avec ses trois frères et sœurs et ses parents. À peine arrivée, Madoloup se fait une fracture du coude et doit donc se rendre aux urgences. Ce n'est pourtant pas cet incident qui gâche les vacances mais plutôt les goélands qui attaquent et contaminent tout le monde. Le Virus Zombie se répand à une vitesse folle et les voilà contraints de se battre contre une horde de zombies...

Je ne sais pas exactement quoi penser de ce roman. Autant il est drôle et léger parce que toutes les situations sortent de l'ordinaire, autant il me parait un peu "limite". De plus, le vocabulaire n'est pas forcément accessible à tous... D'un côté, ça rend les choses encore plus loufoques et décalées ; d'un autre, c'est plus compliqué à suivre, ou plutôt à bien rentrer dans l'histoire puisque, autre point qui s'ajoute, l'intrigue n'a pas beaucoup de profondeur.
Le point fort est les illustrations. Il y en a beaucoup, elles sont commentées, et il n'y a rien de véritablement choquant. On a affaire à des zombies pour de la jeunesse, avec des situations plus drôles qu'effrayantes. L'intrigue va droit au but, sans s'embarrasser de détails techniques incompréhensibles (sauf ceux provenant du frère de Madoloup, mais ça fait partie de sa personnalité si spéciale). Ce n'est pas spécialement le but non plus, que l'intrigue soit développée de long en large, mais ça ne me laisse aucune trace du coup. Je retiens juste le côté comique de certaines situations remplies de clichés qui font passer un bon moment.

Les personnages ont tous quelque chose de particulier. Ils sont présentés comme normaux mais ils sortent pourtant du lot. Clichés ou peu convaincants lorsqu'ils sont tous représentés (c'est-à-dire qu'ils sortent beaucoup trop du lot pour une seule et même famille), ils font rire et représentent parfaitement certaines personnes réelles un peu partout dans le monde... On se retrouve tous quelque part en eux.

Une histoire de zombies pour la jeunesse relativement rapide qui a le mérite de faire passer un bon moment malgré tout. C'est original, léger et débordant d'humour. À noter également les petits clins d’œil sur les romans précédents de l'auteur pour ceux qui connaissent.




 






10 août 2014

Miss Peregrine et les enfants particuliers.

Ransom Riggs
Miss Peregrine et les enfants particuliers
Bayard - 2012
432 pages
14€50
1. Miss Peregrine et les enfants particuliers / 2. Hollow City / 3. ?

Jacob Portman, 16 ans, écoute depuis son enfance les récits fabuleux de son grand-père. Ce dernier, un juif polonais, a passé une partie de sa vie sur une minuscule île du pays de Galles, où ses parents l'avaient envoyé pour le protéger de la menace nazie. Le jeune Abe Portman y a été recueilli par Miss Peregrine Faucon, la directrice d'un orphelinat pour enfants « particuliers ». Selon ses dires, Abe y côtoyait une ribambelle d'enfants doués de capacités surnaturelles, censées les protéger des « Monstres ».
 Un soir, Jacob trouve son grand-père mortellement blessé par une créature qui s'enfuit sous ses yeux. Bouleversé, Jacob part en quête de vérité sur l'île si chère à son grand-père. En découvrant le pensionnat en ruines, il n'a plus aucun doute : les enfants particuliers ont réellement existé. Mais étaient-ils dangereux ? Pourquoi vivaient-ils ainsi reclus, cachés de tous ? Et s'ils étaient toujours en vie, aussi étrange que cela paraisse...



Mon avis :

J'ai toujours beaucoup hésité à lire ce roman, le côté nazisme ne me tentant pas du tout. Finalement, c'est le côté fantastique qui l'emportera et quelle découverte ! Je suis très heureuse de l'avoir lu et j'en redemande encore !

Jacob est un jeune homme de seize ans vivant dans un milieu aisé, qui essaie de vivre sa vie aussi calmement et simplement que possible. Il travaille l'été dans un magasin dont ses oncles sont propriétaires. Il n'en a aucune envie mais c'est ainsi dans sa famille, il n'a pas le choix, toutes les générations doivent y passer. Il fait tout pour se faire licencier mais rien ne marche. Il n'a qu'un seul et unique ami, même si leur amitié ne tient finalement qu'à un arrangement commun. Une vie banale.
Depuis qu'il est tout petit, son grand-père lui raconte sa vie passé pendant la guerre et les enfants incroyables qu'il a rencontrés lors de sa fuite. Tellement incroyables que Jacob, en grandissant, n'y croyait plus, pensant simplement que son grand-père en rajoutait. Mais toutes ses croyances, quelles qu'elles soient, et même sa vie, changent radicalement le jour où son grand-père meurt d'une manière brutale... Se croyant d'abord fou, Jacob va vite se rendre compte que son grand-père lui disait la vérité et, dès lors, une grande aventure commence sur l'île de Cairnholm, là où est situé l'orphelinat du passé du vieil homme. Une aventure aussi bien extraordinaire, que dangereuse et émouvante.

Ce roman est d'une originalité déstabilisante mais grandement appréciable ! Déjà, au niveau visuel, on trouve de quoi faire : plusieurs photos (personnelles ou non) sont insérées tout au long de l'histoire pour présenter des enfants particuliers, des lettres, des événements, des souvenirs... Ces photos sont un grand avantage pour le roman car on se sent tout de suite plus concerné par ce qu'on lit, comme si tout était réel.
Je ne sais pas si l'histoire est vraiment originale, même si je pense qu'elle l'est en littérature jeunesse. En tout cas, je n'ai encore jamais rien lu de semblable et une chose est sûre : j'ai hâte de lire la suite !

L'intrigue est un petit peu longue à se mettre en place mais, malgré tout, il y a toujours quelque chose qui nous tient en haleine, qui nous donne envie d'en savoir davantage et il est très difficile d'arrêter de lire. Beaucoup de mystère tout d'abord, puis des passages angoissants ou stressants... L'auteur sait comment jouer avec nos nerfs ! On se pose beaucoup de questions, on doute, car on découvre l'univers si particulier en même temps que Jacob mais ce premier tome apporte déjà des réponses et j'avoue qu'une suite n'est pas de trop, il manque clairement une fin et on n'a pas forcément envie de quitter les personnages de cette façon, pas aussi rapidement...

Jacob est un adolescent tout ce qu'il y a de plus banal, au moins jusqu'à ce que sa vie change complètement et c'est sûrement ce qui le rend si attachant aussi vite. Ses préoccupations sont celles d'un ado, il n'a rien d'un héros mais il se révèle chaque fois un peu plus lorsque l'on est en plein dans l'intrigue. Son comportement envers tout ce qu'il découvre et envers les orphelins dont il fait la connaissance nous démontrent que c'est un personnage parfaitement construit, l'auteur sait exactement où il va, que ce soit avec lui ou avec l'intrigue d'ailleurs.
Les enfants particuliers sont intéressants à suivre, d'une part grâce à leur particularité respective mais aussi parce qu'ils sont bien plus que de simples orphelins particuliers... On apprend à tous les connaître, certains plus que d'autres mais on ne peut que remarquer tous ces caractères si différents les uns des autres, qui permettent de former un petit groupe dynamique et efficace. Une petite préférence pour Olive bien qu'elle ne soit pas beaucoup présente.

En bref, c'est un roman à lire absolument ! Si le côté nazi rebute certains, autant se rassurer tout de suite : on ne le voit que très peu ! Trop peu peut-être mais, du coup, je n'ai pas trouvé cela dérangeant. De plus, l'essentiel est relaté, on ne rentre simplement pas dans des détails tout le long du roman, de ce côté-là.













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3 août 2014

Sacrée souris.

Raphaële Moussafir
Sacrée souris
Sarbacane (Pépix) - 2014
224 pages
11€90
Dès 8 ans


Comment Léonore, une petite souris - mais vraiment supra-minus -, est devenue LA petite souris, celle qui te refile un billet contre une dent de lait. A l'origine, Léonore n'était pas la plus travailleuse des souris : elle était même super douée dans l'art de faire semblant de débarrasser la table. Elle vivait avec ses parents et sa sœur dans le Grand Grenier du Château Grandiose, comme tout son peuple... mais le jour ou la Reine des souris meurt, les laissant toutes à la merci des Rats, il faut bien trouver une solution. La solution : un palais fortifié. Un palais bâti... avec des dents de lait !




Mon avis :

Je ne m'attendais pas à autant aimer ce roman jeunesse mais c'est une vraie pépite ! Il comporte tout ce qui rend un roman jeunesse bon : de l'humour, une complicité unique entre le lecteur et le héros (Léonore, ici), de l'aventure, de l'originalité tant dans la construction de l'histoire que dans la mise en page, et un personnage principal dynamique qui sait se mettre en avant malgré sa toute petite taille.

Je suis très étonnée par ce roman, car je m'attendais à quelque chose d'assez simple, une histoire sans réel but, à part faire passer un bon moment aux jeunes lecteurs. Eh bien, j'ai eu tout faux ! On passe un bon moment, certes, mais c'est bien plus que cela finalement ! Léonore marque des points dès le début en parlant directement au jeune lecteur, qu'elle surnomme affectueusement le petit édenté, et gagne petit à petit sa confiance en racontant son histoire mais pas seulement, et c'est là d'où provient l'originalité. En effet, à certains moments, Léonore donne des conseils sur comment rendre ses parents chèvres ou encore comment leur désobéir (j'ai bien aimé les conseils en rapport avec le brossage de dents...) ; à première vue, on pourrait penser que ce n'est pas une bonne chose (du point de vue des parents) mais les messages sont subtilement encrés et il n'y a finalement rien de négatif là-dedans.
Une autre touche d'originalité que j'ai adoré, c'est la possibilité qu'à le lecteur d'écrire à la petite souris (en envoyant réellement un courrier aux éditions Sarbacane) en donnant une adresse bien précise afin de donner tel ou tel avis sur un sujet bien spécifique. C'est bien pensé, ça investit le lecteur et ça renforce la complicité qui avait déjà commencé à s'installer entre le personnage et lui !

Pour parler un peu plus de l'histoire, ce n'est pas une histoire toute banale. Avec humour et humanité, Léonore poursuit la quête qu'elle a en tête même si elle est différente de toutes les autres souris et même si elle est constamment mise de côté, voire ridiculisée, à cause de cette différence. Finalement, la petite souris n'est pas si petite grâce à son intelligence, sa malice et sa perspicacité, comme quoi...

Un roman jeunesse traitant la complicité, la solidarité, la confiance mais aussi le respect et la liberté d'expression, tout en humour et en aventure rythmée ! Le jeune lecteur s'attachera très vite à Léonore (j'ai vraiment adoré cette complicité qui s'installe progressivement !) et ne s'ennuiera pas une seule seconde à ses côtés !